Lot. Une aventure familiale de Cahors à Morlaix en Meule bleue

La vie quercynoise n°3900 du jeudi 13 août 2020
MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

Fin juillet 2020, Frédéric Decremps avec sa bande de copains de l’association « Lot of good day », qui sont à la base de la création du festival « Le Lot en Meule Bleue » du 1er au 3 octobre 2020, à Cahors dans le Lot, présentaient plus en détail la programmation.

En aparté, il annonçait qu’une famille allait relever un sacré défi : celui de relier Cahors à Morlaix et cela tout en meule bleue. À ce titre, l’association prêtait à Annette et Lionel Gay, de Pradines, trois mobylettes, 4 casques roses et 4 capes aux couleurs de l’association.

Annette Gay, avec une bonne humeur communicative, explique ce choix :

« nous devions aller à New-York et avec la crise sanitaire il a fallu trouver une solution de repli. On souhaitait aussi vivre une aventure originale en famille d’où l’idée de faire Cahors-Morlaix en meule bleue ».

Il ne restait plus qu’à trouver les engins à deux roues. Ayant adhéré tout de suite à ce projet, l’association « Lot of good day » a prêté gracieusement les meules bleues avec la condition qu’en retour, ils racontent leur équipée sauvage. Car l’aventure allait se faire en compagnie de 4 enfants âgés de 7, 14, 16 et 19 ans.

À vos marques, prêt, partez

Annette, Lionel, les 4 jeunes sont fin prêts pour un départ le 26 juillet 2020 sur le pont Valentré de Cahors. Deux meules bleues, un scooter, une 125 cm3 et une voiture-balai pour tout ce qui est logistique, sont dans les starting-blocks. L’aventure commence, dès les premières pétarades, avec son lot de mésaventures et de belles rencontres pour rejoindre Morlaix.

Une première grande nouvelle, les meules bleues sont robustes et endurantes. Annette ne le dément pas vu tous les kilomètres que les engins ont dévorés.

« C’est de la mécanique presque facile à entretenir. Les soucis techniques n’ont pas été trop de notre partie. Dès la première étape, une meule bleue n’a pas voulu repartir. Heureusement, nous en avions une 3e en dépannage au cas où. Ce qu’on peut dire, c’est qu’elles sont robustes et endurantes, ces mobylettes. Même une meule bleue n’a connu aucun ennui technique, pour une deuxième il a fallu s’arrêter régulièrement pour nettoyer le carburateur » ajoute-t-elle.

La famille Gay au départ de leur périple en meule bleue. (©ACG)

Des axes sécurisés

Annette Gay, raconte avec foule de détails les désagréments et les belles surprises qui ont agrémenté tout le séjour. Elle évoque les mésaventures du départ, « notre premier souci c’est que nous n’étions pas si bien préparés pour la navigation. En effet, nous avions une carte de France papier et un GPS, mais il a fallu pour des raisons de sécurité, concernant les 4 enfants qui nous accompagnaient, trouver des chemins et des routes qui ne soient pas trop fréquentés. Parfois nous avons eu quelques frayeurs sur les routes moyennes, plus passantes ».

Le convoi des Meules bleues sur la route...
Le convoi des Meules bleues sur la route… (©ACG)

Les automobilistes ne sont pas tous très respectueux et vertueux en matière de Code de la route. Au cours de leur avancée, environ 60 km par jour, la famille Gay s’est équipée d’un Atlas routier plus détaillé.

Une journée type

Pour la famille Gay, la logistique type d’une journée de voyage s’articule autour de trois axes bien précis : en premier chercher un parcours adapté, ensuite trouver de l’essence et enfin un camping.

Annette Gay explique qu’une voiture-balai les suivait pour assurer toute la logistique. Chaque soir tout le monde se retrouvait. Elle avait prévu des jeux de société pour occuper les soirées mais la fatigue du voyage a eu souvent raison d’eux.

Sur toute la journée, l’équipée faisait environ 7 h de mobylette par jour, bien sûr entrecoupé de pause.

Douce France

« C’est magnifique ce que nous avons vu. Visiter la France à 30 km/h, c’est une grande satisfaction. Nous avons traversé tant de champs de tournesols. J’étais souvent la dernière pour fermer la marche et j’aimais bien regarder ces casques roses, ce petit convoi avancer sur les routes »

précise Annette Gay, qui s’empresse de rajouter

« notre seul regret, c’est de ne pas avoir eu de caméra pour filmer les espaces où nous sommes passés. On a beaucoup aimé l’abbaye de Trappes, les villages, les églises fortifiées… C’est une douce France que nous avons parcourue ».

Etape dans la campagne française...
Etape dans la campagne française… (©ACG)

La meule bleue et les autres

Quand ils arrivaient dans les campings, l’attroupement se faisait très vite autour des deux roues. Les gens s’intéressaient, posaient des questions avec beaucoup de sourires et de bienveillance.

« Le point positif, c’est que notre expédition était bien sympa, notre fils de 14 ans était content. Mais aujourd’hui, après tant de kilomètres, nous sommes tous fatigués. Au cours du voyage, on a eu quelques petites mésaventures : bras cassé, piqûres de frelons, des soucis de santé, mais rien qui ne soit du fait de notre trajet » souligne Annette Gay.

Si le soleil a été de la partie durant les premiers jours, le dimanche 1er août a été assez terrible pour tous. Le trajet était sous la pluie, et ce n’est pas facile avec des deux roues !

Annette Gay reconnaît que l’aventure était belle mais bien fatigante. Heureusement pour rebooster le moral des troupes le Cahors-Morlaix fut riche en péripéties. Certainement que la famille Gay et les enfants continueront à raconter chaque épisode de leur parcours autour d’eux et bien sûr durant le festival de la Meule Bleue.

Une aventure hors du commun, insolite et sympa qui peut-être suscitera d’autres projets où inspirera d’autres aventuriers. Bon retour en terre quercynoise.

MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.