Lot. Mosaïque Wines, une empreinte lotoise en Australie

Actu Lot – La vie quercynoise n°3911 du jeudi 29 octobre 2020

Thomas Gisbert, importateur, distributeur et détaillant est un jeune entrepreneur originaire de Cahors qui a su implanter une touche française en Australie.

MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

En 2017, La Vie Quercynoise rencontrait Thomas Gisbert, un habitant de Cahors, dans le Lot,  qui a créé sa société d’importation de vins français* en Australie « Mosaïque wines », dans l’État de Victoria à Melbourne.

Ayant des attaches familiales sur le domaine du chai Saint-Étienne, il a commencé à proposer, au début de son activité, des vins du domaine.

Aujourd’hui son catalogue de vins s’est largement étoffé proposant une variété de blanc, rouge, rosé, champagne et cidre représentatif des crus du territoire français. Les Australiens sont curieux des vins français, et Thomas Gisbert via sa société a réussi le pari de s’implanter, de trouver des vins différents des autres importateurs et de faire sa place dans un milieu qui devient très concurrentiel.

Rencontre avec les viticulteurs et les chais

Depuis qu’il a créé Mosaïque Wines en 2016, il fait chaque année un « tour de France » des vins qu’il sélectionne au gré de ses rencontres avec les viticulteurs et les chais.

2020, année bien particulière où l’ombre du Covid-19 a fait plier le monde entier. Confinement, restrictions… ne pouvant pas sortir du territoire australien, Thomas Gisbert a dû s’adapter, et se réinventer comme la plupart des entrepreneurs et faire perdurer son entreprise d’importation de vins français. L’Australie, dès l’apparition de l’épisode du Covid-19, a fermé très rapidement ses frontières. Pour entrer à nouveau sur ce territoire, il faudra attendre 2022. Alors comment une entreprise d’importation de produits français peut faire face à cette situation ?

Thomas Gisbert livre une vue plutôt optimiste de l’avenir en Australie. « C’est un peuple qui sait être réactif et qui apprend de ses leçons » exprime-t-il. Il exprime avec un bel enthousiasme toutes les opportunités mais aussi les difficultés auxquelles chacun doit faire face.

Thomas Gisbert, originaire de Cahors dans le Lot, partage sa passion du vin en territoire australien © Thomas Gisbert.

Interview

Actu : Depuis notre dernière rencontre, comment votre entreprise a-t-elle évoluée ?

Thomas Gisbert : L’entreprise évolue de façon croissante, les choses se mettent en place. L’entreprise s’est implantée dans des villes majeures auprès d’une clientèle de restaurant, de bar à vins et de cavistes. C’est surtout un public d’indépendants qui valorisent très bien des produits artisanaux.

Comment se compose votre catalogue, qu’est-ce qui a changé depuis vos débuts ?

T. G. : Le catalogue de la société de « Mosaïque Wines » présente des produits issus de vignerons indépendants, des grandes familles ou d’artisans. La plupart sont en bio ou en bio-dynamique. Et c’est très important pour moi, cela correspond à ma philosophie. À mes débuts, le socle de base des vins proposés était issu en grande partie du sud-ouest. Le chai Saint-Étienne basé à Saint-Paul-de-Loubressac, a été la pierre fondatrice du portefeuille du départ. Maintenant, c’est plus équilibré avec des producteurs du territoire, Roussillon, Alsace, Bourgogne, Beaujolais, Jura, champagne et je propose même des cidres de Bretagne. C’est très excitant d’avoir de nouveaux produits. 6 nouveaux producteurs sont référencés dans le catalogue. Donc ça a beaucoup changé à ce niveau-là. Aujourd’hui la gamme de vins est plus équilibrée au niveau des diversités ce qui permet d’avoir plus d’angles d’attaque pour continuer à s’agrandir.

Les Australiens ont-ils toujours le même engouement pour les vins français ?

T. G. : Les Australiens sont toujours aussi amateurs et curieux des vins français. On a beaucoup de chance. Avec la crise du Covid-19, bien sûr les Australiens soutiennent d’avantage les vignerons locaux et c’est normal. Donc c’est plus difficile de vendre des vins français qui sont plus chers du fait des taxes, environ 34 %. Dans ce contexte, il faut trouver des façons imaginatives pour continuer à exister.

Vous avez dû vous « réinventer » ?

T. G. : Oui, il a fallu s’adapter. Dès le début nous avons préparé, élaboré et envoyé des petites bouteilles de 50 ml à nos clients, en colis express. Ces petits testeurs ont permis aux restaurateurs, aux sommeliers de faire leur choix. Puis la solidarité a bien marché, car depuis le début de la crise sanitaire, la plupart des clients des différents états nous ont sollicités. Ainsi « Mosaïque wines » a été épaulé et a pu continuer de travailler. J’ai organisé des master-class, festival, des événements, wine dinner qui ont permis de rencontrer des gens et de faire des ventes via internet même si ce n’est pas le cœur du métier. L’axe principal de « Mosaïque wines » est bien l’importation et la distribution de vins auprès des restaurants, des bars à vin et des cavistes. La présence de « Mosaïque wines » a été poussée davantage sur les réseaux sociaux pour avoir une voix et une présence pour la promotion des marques référencées.

Comment l’Australie se remet de tous les événements qu’elle a connus ?

T. G. : Effectivement, les feux, les intempéries, ont bouleversé beaucoup la vie des Australiens. L’économie a pris un coup et il a fallu rebondir économiquement. On a enchaîné les feux, ensuite les 6 mois de confinement, puis un déconfinement d’un mois, suivi d’un reconfinement avec moins de libertés. Heureusement les Australiens sont des gens qui vont de l’avant.

La gestion de la pandémie, comment se passe-t-elle ?

T. G. : L’Australie est partagée par États, un peu comme les États-Unis avec des lois individuelles et spécifiques à chacun. Il y a un prime-minister, l’équivalent d’un président, à Canberra, qui met en place des politiques gouvernementales, et ensuite les états ont leur propre politique. C’est pour ça, c’est très varié dans la gestion du Covid-19. L’État de Victoria où ma société est basée, est le plus touché par la pandémie et y sont appliquées les restrictions les plus strictes. Les états sont cloisonnés entre eux créant des frontières et les vols entre certains états sont stoppés. Aujourd’hui petit à petit les frontières s’ouvrent et c’est encourageant pour l’économie et le commerce. Malgré tout, il y a eu beaucoup de licenciements, de fermetures. Le climat est assez difficile. Mais le gouvernement a apporté son soutien aux demandeurs d’emploi, aux entrepreneurs, aux salariés…

Comment appréhendez-vous l’avenir ?

T. G. : L’entreprise va continuer de développer les dégustations de vins en ligne. Le principe, c’est de faire des partenariats avec les clients. Il leur est proposé trois bouteilles de vin qui vont à leur tour proposer à leurs clients dans des packs. Ce pack donne accès à un zoom, un Facebook live pour une dégustation en vidéo. L’expérience a déjà bien fonctionné avec une cinquantaine de clients en ligne qui posaient leurs questions à un professionnel du vin en ligne. J’aimerais faire perdurer cette formule. Le marché australien est une bonne opportunité pour les vins français, bien qu’il y ait aujourd’hui une multitude d’importateurs. Il y a encore de belles choses à réaliser. C’est agréable de voir que les Australiens sont encore curieux de découvrir de nouveaux produits et cépages français. Donc, je reste optimiste. Il faut se réinventer, innover, et ne pas se laisser pas abattre. Mosaïque wines va continuer son chemin.

Contact : www.mosaiquewines.com.au, Instagram et Facebook

* L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération

Propos recueillis par MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

 

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