Quercy-Blanc. Quel avenir pour l’AOC Coteaux du Quercy ?

Médialot lundi 8 juin 2020, Actu Lot/La vie quercynoise n° 3891 du jeudi 11 juin 2020
MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

Entretien avec le président du syndicat.

Mathieu Quèbre, président du syndicat des vins des Coteaux du Quercy, voit un avenir en demi-teinte pour la filière viticole locale. Face à la crise sanitaire, l’appellation qui rassemble 25 viticulteurs, essaie de tirer au mieux son épingles du jeu. Il fait part de ses inquiétudes mais ne veut pas céder au défaitisme.

Mathieu Quèbre président des vins des coteaux du Quercy © M-F Plagès.

2020 présage-t-elle une bonne cuvée ?

Mathieu Quèbre : pour le moment dans les vignes tout va bien. Il n’y a pas eu de grêle, de gel ou d’orages violents. Nous assistons à une belle sortie de raisins. En plus, la météo est de la partie. Les planètes sont alignées. Tout le monde jouit d’un joli potentiel de production.

Comment les vignerons se sont adaptés à la crise sanitaire ?

M.Q. : pour nous cela n’a pas changé grand-chose, dans l’agriculture il y a toujours du travail. Ce qui a changé c’est pour tout ce qui concerne le commerce. En effet, suivant les secteurs de vente choisis par les viticulteurs,  ceux-ci ont subi quelques variations. Par exemple les ventes de vrac ont sensiblement augmenté du fait du confinement au détriment des ventes de bouteilles destinées plus aux touristes sur les marchés ou pour la restauration. Et l’export s’est retrouvé complètement à l’arrêt. Donc, ceux qui ont tout misé sur l’export sont très impactés. Au sein du syndicat la plupart des viticulteurs se sont diversifiés donc les pertes sont moindres. Par exemple pour le chai Saint-Etienne nous avons fait moins de mise en bouteille et produit plus de vrac.

Par rapport au syndicat des vins comment appréhendez-vous l’avenir ?

M.Q. : tout le monde est en attente de la saison estivale. On avance en aveugle. Sur les chais nous faisons beaucoup de ventes l’été et pour le moment nous sommes suspendus aux annonces gouvernementales pour savoir comment la saison va se dérouler avec ce que l’on pourra faire ou pas. A l’heure actuelle tout le monde fait le dos rond.  Nous restons vigilants tout en essayant de voir si des aides vont être octroyées ou si la profession sera vraiment soutenue. L’avenir n’est pas si dramatique pour le syndicat des vins des Coteaux du Quercy mais c’est une profession maintenue dans un équilibre fragile. Les stocks européens sont en surplus. Il est évoqué d’en supprimer une partie ou d’en distiller mais à quel prix ? Plus que jamais la profession viticole doit se réinventer, s’adapter et réagir au plus vite pour continuer à perdurer.

MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

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