Lot. La réalité virtuelle, le serious game ou l’art de s’amuser tout en apprenant

Romaric Defrance et Sophie Quehen. (©Calyxen)

La vie quercynoise n°3796 du jeudi 16 août 2018
Calyxen, une entreprise à la pointe des nouvelles technologies dans le Lot.

Calyxen ou la réalité virtuelle dans tous ses états. Avec les nouvelles applications, il n’est pas rare d’être aujourd’hui confronté à la réalité virtuelle. Mais comment se conçoit-elle, et quelles sont les perspectives ou les domaines d’application ? Calyxen est une entreprise lotoise créée par Romaric Defrance, jeune entrepreneur qui a souhaité revenir à ses attaches lotoises pour s’installer à Montfaucon. Son domaine d’action est la réalité virtuelle basée sur un savoir-faire acquis durant de longues années et s’inspirant des nouvelles technologies.

L’univers des geeks

Pour des musées, des actions spécifiques de découverte de villes, de grands sites, d’exposition, la réalité virtuelle est là, créant des univers dignes des grands jeux vidéo mais avec un petit plus, le côté didactique et instructif. Calyxen spécialisée dans le design sonore interactif, le mixage audio spatialisé, réalisant des musiques originales ou travaillant sur des voix multilangues, s’inspire des dernières technologies pour les adapter à des demandes spécifiques.

Serious game

Ce terme de « serious game », qui revient souvent dans les propos de Romaric Defrance, se construit autour de toutes les nouvelles technologies avec l’intention spécifique de faire passer un message de manière attractive. D’ordre pédagogique, informatif, communicatif, parfois publicitaire, il peut se décliner sous d’autant de manières qu’il a de possibilités de concevoir le jeu, et les équipes de concepteurs ne manquent pas d’imagination. Romaric Defrance souligne « le « serious game » est l’intention de créer des jeux dont l’objectif n’est pas seulement de jouer. Par exemple, je joue à un jeu pour apprendre quelque chose sur l’art, ou sur la science. Aujourd’hui, la très grande majorité des gens jouent. Notre mission est de s’interroger sur la façon de faire passer des notions d’écologie, de sciences. Si par le jeu on peut donner de la connaissance, ça donne du sens à mon travail ». Romaric Defrance a été pendant 10 ans comme audiolib pour une firme américaine basée à San Francisco. Il se souvient « on travaillait sur laspect audio français des jeux éducatifs. J’étais responsable de la qualité sonore des produits français. »

Il a développé cette compétence, ce qui lui a permis de travailler pour les musées, créant des sons pour des expositions comme pour les arts de l’Islam au Louvre. Récemment, il a écrit et travaillé sur la nouvelle exposition « son » de la Cité des sciences à Paris. Et Calyxen est le prolongement de cette activité avec deux composantes essentielles : développer le serious game et les nouvelles technologies.

Les perspectives

Pour aller plus loin Romaric s’entoure de jeunes pousses « cette année je me suis rapproché de lÉcole du numérique. Ainsi je côtoie des développeurs qui arrivent sur le territoire. Lécole ma proposé dêtre parrain de cette première promotion de Cahors. Jai accepté puisque ça correspondait à mon éthique. Voilà pourquoi Sophie (Quehen) fait partie de l’équipe de Calyxen. Avec Sophie nous travaillons sur des dispositifs de médiation numérique sans écran. Cest très atypique : par exemple on fait du suivi oculaire sur des affiches. »

Sophie Quehen détaille le procédé « cest un capteur qui va suivre notre regard. Du coup si je marrête sur telle zone pendant un certain temps, ça va déclencher un son, une vidéo… On peut faire ainsi une visite virtuelle de Cahors ». « Ce sont des technologies que lon détourne, on ne les développe pas, poursuit Romaric. On ne fait que les adapter sur mesure suivant les demandes. Par exemple pour Figeac, on nous a commandé une grande table tactile pour lexposition de lÎle de Pâque. L’objectif étant d comprendre la démarche du déchiffrement. Comment un déchiffreur fait-il pour comprendre une écriture ? Le rongorongo est une écriture quon ne sait pas lire. Nous avons travaillé en équipe, pour proposer 4 jeux courts, daspect très ludique. Quand les personnes ont compris les notions qui sont dans le jeu, elles quittent cette tablette pour mieux découvrir les objets de lexposition. L’objectif du serious game : attiser la curiosité, et donner envie den savoir plus. »

La réalité virtuelle utilisée de manière didactique a de beaux jours devant elle. Ainsi, il est agréable, surprenant de découvrir, ou redécouvrir des sites, des expositions, des incontournables du patrimoine.

MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

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