Paris-Moscou à vélo de juin à août 2017

La vie Quercynoise n°3747 du jeudi 2 septembre 2017

Patrice Prié, Lotois de Castelnau-Montratier et Flaugnac, accompagné de Jean-Pierre Combes et Raymond Margaillan a vécu une belle aventure à vélo.

Sur la route des Moscoutaires

Le lundi 29 mai, au point zéro, sur le parvis de Notre-Dame de Paris, trois compères cyclistes commençaient une épopée, un voyage extra « ordinaire » :  Paris-Moscou. Patrice Prié, Jean-Pierre Combes et Raymond Margaillan se lançaient dans une grande aventure cycliste au cours de laquelle ils ont ramené de nombreux souvenirs. Patrice Prié, flaugnacois et casteslnaudais, après 2 mois et demi passé en selle, 3420 km parcourus, avec une moyenne de 67km par jour, 0 crevaison juste un rayon de cassé, raconte son voyage, parmi la « foultitude » d’aventures plus ou moins rocambolesques, qui leur sont arrivées : « Ce qui est sûr c’est que le voyage Paris-Moscou m’a laissé de très nombreux souvenirs comme des rencontres improbables, des échanges intéressants avec les habitants et souvent des jeunes. Et j’ai aimé découvrir les paysages superbes tout au long de notre route » confie-t-il, lui qui entamait pour la première fois un voyage aussi long.

 

France – Belgique – Hollande – Allemagne – Léttonie

Sa voix empreinte de nostalgie, de rêverie de temps à autre, de propos incisifs sur nos sociétés et les conditions de vies souvent disparates dans les pays traversés, Patrice Prié égrène pas à pas son parcours : « Mon état d’esprit au départ est légèrement mitigé avec un peu d’excitation mêlée à la redoutable question : est-ce qu’on est prêt ? Le trajet France, Belgique et Allemange s’est fait sans trop de difficultés et déjà nous étions déjà en avance sur notre parcours. Du coup nous avons eu l’occasion de pouvoir rencontrer et échanger avec des gens. Au 5ème jour nous sommes en Belgique et là commence les joies de l’inconnu. Munis de cartes avec des points de camping stipulés mais pas de camping ! Le problème s’est posé à Thuin. » Mais il en faudrait plus pour démoraliser les cyclistes. Ils rentrent chez un boucher pour avoir quelques informations, celui-ci leur répond « vous ne savez pas où dormir. Venez dormir chez moi ». Patrice continue « ce boucher à un frère, et une sœur Ragnies qui nous accueillent. C’est la vraie première rencontre sympathique de l’aventure. À partir de ce moment-là un réseau incroyable se met en place pour nous héberger durant la traversée de la Belgique. La sœur, a une copine, qui a un copain qui a fait le tour du monde, Thierry Delculée… La rencontre avec lui a donné lieu a beaucoup d’échanges et de bons conseils notamment sur notre trajet qui sera modifié grâce à lui, pour éviter Aix la Chapelle et passer par Maestricht ». Si les rencontres sont passionnantes, le temps n’est absolument pas de la partie, jusqu’en Allemagne la météo était plutôt mitigée, et en Lettonie et Russie des trombes d’eau ont gâté leur itinéraire. Durant 20 jours ils traversent l’Allemagne, sans avoir beaucoup de contact avec les habitants. Les gens sont plus distants. Le 27 juin ils entrent en Lettonie dans l’après-midi à Liepaja. Premier contact avec un camping hyper sécurisé un peu surprenant. « Durant tout notre voyage, la communication en Lettonie et en Russie a été souvent possible grâce aux enfants, aux adolescents qui parlaient un peu anglais. Les gens sont très gentils malgré le peu que nous pouvions communiquer avec eux. La traversée de la Lettonie ressemblait à une traversée de désert, seulement une habitation de temps en temps. Ça ne sentait pas la fortune. On découvre un pays qui vit dans cette espèce d’abandon post-soviétique.» reconnaît Patrice avec un peu d’émotion dans la voix. 1er juillet exploration de la capitale, Riga, avec visite de la vieille ville chargée d’histoire. Patrice Prié, précise « le 3 juillet nous passons le cap des 2000 km. Sous nos roues, des kilomètres de pistes caillouteuses, sableuses, prémices des routes qui nous attendent en Russie. À la frontière Lettonie-Russie, il se passe une rencontre très sympa, grâce au réseau Warm showers. Nous sommes hébergés chez Vita qui vit dans un appartement très modeste, au 6ème étage d’un immeuble. Ce soir-là nous avons discuté sur la Lettonie, sur la période post-soviétique, sur l’instabilité économique, l’ouverture du pays à la concurrence, les difficultés des lettons pour vivre. Le 9 juillet, passage de la frontière Russe, aucun problème « finger in the noise ! ».

La grande Russie

Et là c’est la découverte de la grande Russie et des mystères non résolus des routes qui disparaissent ! Bien marquées sur nos cartes mais en revanche s’effaçant sous des couches de sables, ou se volatilisant. C’est la Russie profonde et les difficultés pour trouver un hôtel ou des commerces n’est pas chose facile. C’est un grand dépaysement. Le 10 juillet, sur un chemin très sableux c’est l’accident de Jean-Pierre. Grosse galère pour trouver des secours, mais nous avons été sauvé par un gamin qui parlait anglais et de suite une chaîne de solidarité s’est mise en place. Beaucoup de gentillesse, de disponibilité. Notre ami a du être rapatrié. Les habitants de la ville qui nous ont accueillis se sont rendus disponibles pour nous aider à aller rechercher nos vélos, nos affaires, nous trouver des cartes actualisées et avoir autant de conseils et d’informations nécessaires pour la suite de notre périple ». Durant la traversée de la Russie, le chemin sera parsemé de rencontres surprenantes, de séances de selfies, d’hébergement chez l’habitant avec en prime, visite des villes et dégustation de mets locaux. Vers le 15 juillet encore des routes hypothétiques qui ressemblent plus à des pistes, la lassitude pointe, lorsqu’un couple de russe, Tatiana et Alexis, les hébergent dans leur maison. Patrice est encore ému de ce souvenir «  nous avons été bercé par la douceur de vivre russe : banïa, zakouski, vodka… (Voir LVQ du 20 juillet). Le départ a été très difficile, tellement la rencontre était sympa et chaleureuse. À ce moment-là nous sommes qu’à 500 km de Moscou. On part mais c’est une journée galère, des trous de 15 à 20 cm, plus les vélos qui s’enfoncent dans la boue et une attaque de moustique phénoménale. Puis enfin le 28 juillet c’est l’arrivée sur Moscou après 2 mois passés dans la nature. Le retour à la civilisation est plutôt difficile. Déjà à 50km de Moscou la circulation est très dense. Nous ne voyons aucun panneau Moscou. L’arrivée c’est certainement faite parmi les barres d’immeuble que nous avons traversées. Sur les grands axes la circulation est impressionnante mais les moscovites nous ont laissé en vie ! J’avoue avoir été déçu par Moscou, trop occidentalisée à mon goût. Je n’ai pas retrouvé cette âme russe que nous avons pu voir durant notre traversée des campagnes russes ». Souhaitons que la prochaine aventure de Patrice Prié sera de nous retracer avec humour, précision et la passion qui l’habite tous ces morceaux de vie dans un carnet de voyage. Dans tous les cas, les écoliers de Flaugnac pourront profiter de ses talents de conteur lorsqu’il relatera son voyage extra « ordinaire ».

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