Castelnau Mtier – Ste Alauzie ou la micro capitale du karaté

La vie quercynoise n°3837 du jeudi 30 mai 2019
MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

Durant trois jours, vendredi 24, samedi 25 et dimanche 26 mai 2019, la salle des fêtes de Castelnau a reçu quelques stars montantes du karaté. Trois jours de stages intensifs et au programme des katas et des combats avec Rachid Berrakama, Léa Salomon, Alizée Agier et Salif Lamboni. Afin de recevoir au mieux les 240 stagiaires qui se sont succédés sur les trois jours, 300 m² de tatamis étaient installés par l’équipe du karaté club. Un dojo exceptionnel pour le plus grand plaisir des accrocs du kimono. Les karatékas de tous âges sont venus pour la plupart de la région Occitanie, d’autres de la Gironde et certains même de Marseille.

Depuis plus de 7 ans, Philippe Beaumont, directeur technique du Sasori club castelnaudais proposent à ses élèves ainsi qu’à des clubs extérieurs des entraînements de qualité en faisant intervenir de grands noms du karaté ou des jeunes promis à un bel avenir dans cette discipline. C’est une façon de préparer les karatékas aux compétitions qu’ils doivent affronter durant l’année. Et ils ont fort à faire. Les efforts, le travail, la passion, l’esprit convivial du club est aussi la clé du succès du club qui pour rappel a ramené plus de 195 médailles depuis la saison dernière ainsi que des qualifications en national.

Rachid Berrakama, Alizée Agier, Salif Lamboni et Philippe Beaumont.

Ça a chauffé sur les tatamis durant les trois journées de stage mais tous en redemande. D’ailleurs pour le prochain stage qui aura lieu samedi 22 et dimanche 23 juin 2019, c’est Cédric Pasqual (champion de France par équipe kata) qui viendra animer un stage.

Parmi les intervenants du week-end, il y avait Alizée Agier, une jeune karatéka de 24 ans qui a fait sensation samedi au dojo. Championne du monde, de France et d’Europe 2019, c’est une ambassadrice de choix, sympathique, souriante, rigolote qui a conquis tous les participants. Pendant plus de deux heures elle leur a fait partager ce qu’elle connaît de son expérience de compétitrice, en leur donnant des astuces : comment masquer les attaques ou se défendre et avoir une stratégie d’attaque. Pas de doute, sous des dehors très féminin, Alizée Agier est une battante sur le tatami d’ailleurs son parcours de championne le prouve bien ainsi que son combat quotidien contre la maladie, un diabète de type 1 qu’elle a su apprivoiser pour continuer à pratiquer sa passion.

Comment vous en êtes venu au karaté, quel a été votre parcours ?

J’ai commencé à l’âge de 5 ans grâce à mon frère qui en pratiquait. J’ai testé d’autres sports mais finalement le karaté est resté une grande passion. Ensuite j’ai fait des compétitions départementales, régionales, nationales… Avec la ligue de Bourgogne j’ai pu aller même disputer des combats en international. On acquiert beaucoup d’expérience car sur les journées on pouvait faire jusqu’à 10 combats, c’est éprouvant mais très formateur. Au final, j’ai été détecté pour intégrer un pôle France jeune à Talence où je suis restée quelques années puis ensuite j’ai enchaîné sur le pôle France à Montpellier. Et quand le karaté est devenu discipline olympique on a été regroupé au pôle de Paris. C’est donc la deuxième année où je suis sur Paris.

La maladie est apparue à quel moment et comment avez-vous réussi à continuer votre passion ?

Ça fait 6 ans que je suis diabétique de groupe 1, et je l’ai plutôt bien pris, un peu comme un défi supplémentaire. J’adore les défis. J’ai une âme de compétitrice. Je me suis renseignée sur cette maladie et le karaté m’a aidé car on apprend à connaître notre corps, nos limites. En fait ça a été complémentaire en m’amenant à avoir un rythme de vie sain. Et ce n’est pas un frein, je suis très vigilante.

Cette expérience sert aussi pour d’autres personnes qui voudrait pratiquer un sport malgré la maladie ?

Dès que j’ai fait un reportage sportif parlant du diabète et de mon expérience de sportive, j’ai eu par la suite beaucoup de messages de parents qui retrouvaient espoir pour leurs enfants. Ils étaient rassurés de savoir qu’ils pouvaient inscrire leurs enfants dans des disciplines sportives. Au sein du karaté j’ai rencontré plusieurs karatékas avec la même problématique et nous avons pu échanger. Quand on est diabétique on devient notre propre médecin.

Mais attention au-delà de sa maladie, c’est une karatéka avant tout et elle tient à ce qu’on la considère comme telle. Son leitmotiv « motivé, battante, jamais baisser les bras. N’avoir aucun regret, tout donner pour pouvoir y arriver ». Son objectif : Tokyo 2020 où elle compte bien décrocher une place. C’est tout ce qu’on lui souhaite.

MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.