Castelnau Mtier et Saint Paul. Laurent Viel, l’homme aux multiples talents

Entretien avec Laurent Viel, propos recueillis par Marie-Françoise Plagès

Invité par Jacqueline Rod, l’artiste Laurent Viel qui nous a livré deux spectacles différents durant le week-end du vendredi 3 et du samedi 4 mai 2019, s’est révélé être aussi très proche des gens. Il n’a pas boudé son plaisir à la fin des spectacles d’aller à la rencontre de son public, de parler de son parcours, de sa façon de jouer, de concevoir ses projets. Aussi, il était intéressant de découvrir un peu plus, le Laurent Viel qui se cache derrière toutes les personnalités qu’il incarne avec passion et humour.

Rencontre avec l’artiste

Laurent Viel et Thierry Garcia © MFP

Vous n’êtes pas seulement un chanteur, vos multiples interprétations dans vos spectacles avec une mise en scène millimétrée, une interprétation impeccable sans fausses notes, sans faute de goût montre bien à quel point vous maîtrisez les deux disciplines : chant et comédie. Quel a été le déclic pour en venir à la chanson ?

Pour le chant ça remonte à l’enfance. J’ai été entouré d’amour et pourtant je suis un petit garçon triste qui a besoin de se réfugier dans son propre monde. Et ce monde-là je le trouve dans la chanson. Les vedettes que j’adorais à l’époque ce sont Sylvie Vartan et Claude François. J’ai toujours gardé beaucoup d’affection et de tendresse pour eux. La première personne que j’ai vu sur scène c’était Sylvie Vartan, j’avais 5 ans. Je garde un souvenir merveilleux et plein d’enchantement de voir cette femme avec tous ces danseurs, ce décor, ces costumes. Puis vers 8 ans je découvre Barbara qui me bouleverse sans comprendre forcément pourquoi à l’époque. Avec Barbara je sens qu’il y a quelque chose qui se pose en moi et c’est là que j’ai décidé de chanter et d’en faire mon métier.

Vous débutez de quelle manière dans la chanson ?

Quand je suis rentré en 6ème, je voulais aller chanter et lors de l’audition pour la chorale on m’a dit,  » ah non ce n’est pas possible tu chantes faux », ça m’avait traumatisé.

Mais faux ou pas faux je décide que je veux chanter.

Lors de mes débuts dans la chanson, vers 17-18 ans, je porte un intérêt particulier à la musique, les paroles n’ont aucune importance. Puis au fil du temps le fait de chanter des textes qui n’ont pas forcément de consistance finalement ne me convient pas. Donc je vais me tourner vers le théâtre, j’ai 20 ans environ. Et là je découvre des auteurs tels que Shakespeare, Tchekov, Molière, Racine, Sophocle, Koltès, Feydau, Labiche. Je suis les cours de Philippe Duclos, et j’apprends aussi auprès de Laurent Stocker (comédie française). Le théâtres est alors bien présent mais il reste toujours en parallèle la chanson.

J’avoue que l’essentiel c’est d’avoir les deux.

Laurent Viel et Thierry Garcia © MFP

Comment avez-vous mené les deux carrières ?

Très vite j’ai envie de monter mes spectacles parce que ce n’est pas évident de passer des auditions et d’attendre qu’on me rappelle pour dire si j’ai le rôle ou pas. Par bonheur, par chance, j’ai un producteur qui me suit et les spectacles fonctionnent. Ce qui m’a amené à me produire à travers la France.

J’ai réussi à vivre des émotions, et à réaliser des spectacles et de pouvoir en vivre : une sacrée gageure dans ce métier quand on est pas une star.

Quels sont vos spectacles que vous avez créés ?

J’ai plusieurs spectacles comme Brel (créé en 2007) qu’on a joué plus de 400 fois, les chansons aux enchères (créé en 2010), Barbara, aussi un autre spectacle de création autour d’un personnage historique qui s’appelle le Chevalier d’Éon. Ensuite j’ai un duo qui tourne en ce moment avec Enzo Enzo (spectacle autour de la famille).

Le spectacle de Brel que j’ai donné vendredi 3 mai 2019 à Castelnau Montratier, je l’ai monté, fin 2007. Il est entré dans ma vie parce que je sortais d’une aventure artistique et humaine douloureuse et pénible qui m’avait anéanti. Pendant quelques mois je me suis dit que je voulais arrêter ce métier, c’était assez violent. Puis l’envie de chanter s’est imposé à moi. Mais je voulais me mettre en tant qu’interprète et ne pas prendre mes chansons. Alors j’ai choisi mes coups de coeur de Brel. Ensuite j’ai contacté Thierry Garcia avec qui je travaille depuis des années. On a pris les chansons en pensant qu’est-ce qu’on peut faire d’original sans trahir la chanson mais pour permettre d’amener une lecture singulière qui soit la notre. J’avais aussi l’envie que le comédien soit présent dans la chanson et le répertoire de Brel, permet ça. Ce spectacle on l’a tourné en Allemagne, en Suisse, en Belgique…

Vos projets ?

En ce moment je prépare une pièce de théâtre de Rémi de Vos, j’envisage un CD avec mes propres chansons pour 2020 et j’ai un autre projet de théâtre musical Dr Jekyll et Mister Hyde.

Des idées et des envies j’en ai toujours.

Je me considère avant tout comme un interprète, un compositeur et un auteur par fulgurance.

S’il y a une chose dont j’ai besoin c’est vraiment d’interpréter et de jouer : c’est ma place la plus juste, la plus vraie.

Propos recueillis par Marie-Françoise Plagès

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