Castelnau Mtier-Ste Alauzie. Le père Bernard Brajat explique le regroupement paroissial Castelnau-Montratier – Montcuq

Actu Lot/ La vie quercynoise n°3917 du jeudi 10 décembre 2020

Le père Bernard Brajat évoque les effets du confinement et explique comment se déroulera le regroupement paroissial entre Castelnau-Montratier et Montcuq dans le Lot.

©Marie-Françoise Plagès

Lors d’un office religieux, le père Bernard Brajat, curé de Castelnau-Montratier, avait évoqué la constitution d’un regroupement paroissial entre Castelnau-Montratier et Montcuq, dans le Lot. Les forces vives et actives, se font rares, pour assurer la logistique des différentes actions liturgiques (eucharistie, funérailles, messes, mariages, baptêmes, communions…). Il a paru donc important, aux deux paroisses de Castelnau et de Montcuq, de mutualiser les forces et les compétences des communes qui gèrent pas moins de 65 clochers.

Nouvelles orientations

Succédant en septembre 2014 aux Pères Gilbert Malavelle et François Gerfaud, le père Bernard Brajat officie depuis sur le canton de Castelnau-Montratier. Connu pour la qualité de ses prêches, sa culture sur les religions, il s’est exprimé plusieurs fois sur les problématiques actuelles. Aujourd’hui dans un contexte de crise sanitaire sans précédent c’est le temps de préparer de nouvelles orientations. Nous l’avons rencontré pour qu’il parle du nouveau regroupement paroissial qui devrait voir le jour en 2021.

Interview

Le père Bernard Brajat à Castelnau-Montratier dans le Lot. © MFP

Actu : Tout d’abord, pourriez-vous nous parler succinctement de ce contexte de crise sanitaire et comment cela a été perçu parmi vos paroissiens ?

Bernard Brajat : Pour le confinement nous n’étions pas habitués à ça et il a fallu vivre les contraintes du mieux possible. Selon les tempéraments, il y a eu des gens pour lesquels c’était très pénible d’être confiné et d’autres qui se sont adaptés. De mon côté cela ne m’a pas trop gêné puisque j’ai continué de travailler : sur des méditations, des textes.

Avez-vous ressenti auprès des paroissiens de l’anxiété ?

B. B. : Oui, dès le déconfinement annoncé, certains ne sont pas ressortis du tout. La plupart sont d’un certain âge et les images retransmises à la télé tous les soirs, ainsi que cette situation nouvelle, que personne n’avait vécu jusqu’à présent, n’ont pas aidé à rassurer. Et il aurait peut-être fallu dire, pour mieux accepter ce deuxième confinement, que cela évoluerait dans le temps, et ne pas employer de terme de « déconfinement ». On a oublié trop vite alors que le virus était toujours là.

Avez-vous remarqué que des gens ne viennent plus aux offices ?

B. B. : Certains ne sont pas revenus. Sauf cet été, où il y a eu beaucoup d’estivants qui ont fréquenté l’église. Sur le canton, deux églises peuvent accueillir un grand nombre de places (60 à Pern et 75 à Castelnau) tout en respectant les contraintes sanitaires en vigueur. Après on tombe dans les 40 à 30 places dans les petites églises. Il n’y a jamais eu de saturation par le nombre de places occupées. Ce qui va poser souci, c’est pour la fête de Noël, qui d’habitude reçoit à Castelnau plus de 500 personnes. Le protocole du moment ne nous permet pas de savoir comment cela va se passer. Nous attendons les directives et nous espérons trouver une issue.

L’origine du regroupement

Quelle est l’origine de ce regroupement paroissial en Quercy Blanc concernant les paroisses de Castelnau-Montratier et de Montcuq ?

B. B. : C’est issu d’un constat. Nos paroisses se réduisent au niveau des gens qui sont actifs. Les forces vives concernent des gens qui ont plus de 75 ans. Il va donc falloir se regrouper, réduire la voilure et en même temps se donner des moyens. Pour cela, il faut regarder plus largement au-delà de notre secteur pastoral habituel.

Comment s’est construite l’idée de ce regroupement ?

B. B. : L’idée est partie d’une démarche diocésaine. L’évêque a demandé à un petit groupe, constitué en une petite commission (2 laïcs, 2 religieuses et deux prêtres dont je fais partie) sur l’ensemble du Lot, de repenser à un découpage des paroisses, tout en se projetant dans les 5 et 10 ans à venir.

Les zones géographiques du diocèse lotois, comment sont-elles découpées ?

B. B. : Le diocèse est découpé en quatre zones nommées « Doyennés ». Il y a celui de Cahors, Figeac, Cère Dordogne et Causse Central.

Pour le doyenné de Cahors Sud, il y a 10 groupements paroissiaux. Castelnau-Montratier est un de ces groupements qui rassemble les églises de Pern, Lhospitalet, Cézac, Saint Paul, Flaugnac…

Donc Castelnau et Montcuq vont créer une nouvelle paroisse ?

B. B. : Effectivement, nous allons nous regrouper pour constituer une nouvelle paroisse. L’ensemble est cohérent et cela ne veut pas dire qu’il y aura qu’un prêtre résident dans un lieu unique. Un, sera curé ou l’autre vicaire, ou curé associé. Cela permettra de donner de l’étoffe à l’équipe pastorale.

Chaque prêtre restera sur sa zone paroissiale. Pour rappel, dans moins de 10 ans nous serons environ 15 prêtres en activité sur l’ensemble du Lot. Il faut que l’on se donne les moyens de gérer cette réalité.

Comment vont s’articuler les offices ?

B. B. : On va garder les mêmes rythmes, les mêmes habitudes. Il y a des terres d’activités communes autour des offices. Sur certaines églises il est possible de garder des animations comme Saint Paul, Pern, Lhospitalet et Castelnau. Nous irons là où il y a de la vitalité. Dans d’autres lieux il peut y avoir des alternances.

Qu’est-ce-qui va changer ?

B. B. : Par exemple au niveau de l’organisation, il n’y aura qu’un seul registre unique pour l’ensemble des paroisses. À ce jour, chaque paroisse à son registre propre où sont notés les baptêmes, mariages…

Il y aura aussi qu’une seule équipe d’animation pastorale. Ce sera la fusion des deux qui existent actuellement. Déjà nous travaillons ensemble depuis longtemps.

Ce qui va changer également c’est que nous allons mutualiser les moyens et les compétences des uns et des autres.

Pensez-vous que cela va instaurer une « panique » ou une peur auprès des paroissiens ?

B. B. : Les paroissiens réguliers, qui se rendent compte de la réalité s’y attendaient. C’est un dénouement normal pour eux. Ils sont dans le mouvement. Après, il y a le tout-venant, ceux qui fréquentent l’église qu’occasionnellement, ils ne comprennent pas. Mais en fait, ils n’ont pas suivi qu’il y a un manque d’effectif. Alors on se tiendra prêt pour continuer d’informer.

En conclusion… ?

B. B. : Le confinement n’a fait qu’accélérer les actions sur un projet qui était déjà en route. L’union des forces, et profiter d’un temps de confinement pour préparer et trouver des solutions a été bénéfique. En 2021, si tout se passe bien, on devrait créer cette nouvelle paroisse. Pour le moment la date n’est pas fixée.

Propos recueillis par MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

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