Castelnau et la Belgique une longue histoire d’amitié

La vie quercynoise n°3802 du jeudi 27 septembre 2018

À gauche Daniel Bonnard © M-F Plagès.

MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

Dans son dernier livre « Regards et souvenirs », André Buzenac rappelait les nombreux liens qui unissaient Castelnau à la Belgique. Des familles belges sont venues trouver refuge durant la seconde guerre mondiale, dans le Lot, Castelnau en a accueilli. Des liens d’amitié se sont noués et depuis ils perdurent. Daniel Bonnard se rappelle bien de ces récits d’André Buzenac, et surtout de l’histoire avec Mark Eyskens (premier ministre belge en 1981) qui a fait parti des enfants qui ont connu l’exode pour venir trouver une terre d’accueil dans le Quercy. C’est tout naturellement qu’il s’est intéressé à déceler les points de l’histoire qui unissent discrètement les deux pays. Déjà l’on commence à voir poindre l’âme d’un Tintin reporter, en la personnalité de Daniel Bonnard. Curieux de tout, s’intéressant à toutes les activités socio-culturelles, passionné de BD, de photo, il semblait presque évident avec aussi des attaches familiales quercynoises, qu’après une vie richement remplie, il vienne à Castelnau. Correspondant pour une chaîne régionale en Belgique, Télésambre, pendant 25 ans, aujourd’hui Daniel Bonnard est installé durablement afin de goûter l’agréable douceur de vivre du Quercy.

Comment de métallurgiste vous en êtes arrivé à devenir correspondant de presse télé ?

Avec un CA de chaudronnier en poche j’ai travaillé de 1958 à 1992 dans la métallurgie. Mais je suis mordu de photo depuis que je suis gosse. Je voulais faire du cinéma. Même si matériellement le matériel coûtait cher (à l’époque) je me suis acheté une caméra. Ensuite j’ai suivi des cours qui m’ont donné un diplôme de reporter. Avec le diplôme en main j’ai pensé « qu’est-ce que je vais en faire ? ». Je filmais déjà pas mal. Puis sur les conseils d’un ami je suis allé à Télésambre. Après avoir montré mon travail j’ai été engagé et j’y suis resté, en tant que correspondant, pendant 25 ans.

Quels étaient les sujets que vous aimiez traiter ?

Les actualités. Mon créneau était le socio-culturel, tous les sports (excepté le rugby car inexistant en Belgique), et les activités municipales. J’avais une certaine notoriété donc on m’invitait pour des sujets difficiles.

Quel est le souvenir marquant de ses années télé ?

Mon travail a permis que je puisse me rendre en Tunisie en 1994. Mon premier reportage concernait l’anniversaire des 30 dernières années de la coopération belgo-tunisienne. Tout cela était chapeauté par une ONG dont le président était le consul honoraire en Tunisie. Ensuite je me rappelle d’un voyage en Pologne, à Auschwitz, où j’ai accompagné des étudiants en fin d’études sur ce lieu mémorable. Puis, il y a aussi les « oubliés des vacances » organisé par le secours populaire français. J’ai pu en tant que média les suivre sur toute une journée, c’était une très belle expérience avec de beaux échanges.

À tout ceci se rajoute : le concours de pétanque international, Eurocell le rassemblement de voiliers à Anvers et une rencontre avec des étudiants européens à Bruxelles, où 25 jeunes de toutes nationalités étaient rassemblés.

Quelques gens vous ont marqué dans vos interviews ?

J’ai pu approcher Gérard Oury lors du festival francophone de Namur, des vedettes du cinéma, de variété. Et je me souviens aussi d’une rencontre, alors que le mondial venait de se terminer, avec le gardien de but Courtois des Diables rouges (un des meilleurs au monde) qui est venu s’entraîner à Charleroi et j’ai pu l’interviewer. À noter, une belle rencontre avec l’organiste de la cathédrale Saint-Patrick à New-york : Jennifer Pascual. Parmi les gens importants, il y a aussi la rencontre avec Laurent le frère du roi. Sur toute une année je faisais environ 250 interviews.

Vous avez en tête des expériences uniques ou des rencontres surprenantes ?

J’ai participé à une expérience en Belgique, à l’hôpital, dans la section pédiatrie. Avec tout un système élaboré avec l’équipe d’encadrement, sur des échanges entre l’enfant et un personnage de télévision, pour arriver à le déstresser, à le décontracter avant une opération conséquente.

Dans un autre domaine, j’ai suivi la construction d’un orgue hollandais du XVIIe siècle, entièrement démontable. Ainsi qu’un moment assez exceptionnel, celui d’une messe de Noël qui était animée par le Lama Karta à la Basilique Saint-Christophe. L’office était en Tibétain. Ensuite j’ai pu l’approcher pour une interview avec tout un protocole. J’avais un traducteur mais à la fin de l’entrevue, il m’a parlé dans un bon français. Rires.

Aujourd’hui Daniel Bonnard est impliqué dans la vie associative du village. De manière plus allégée, sans contrainte, il a déjà réalisé un petit film sur les activités estivales de Castelanau (Phil’anthrope, vendanges, marchés gourmands…) en 2017, cet été on a pu l’apercevoir sillonner le chemin des Arts’Cades caméra à la main, sans oublier le Club du Bel âge dont il fait partie pour lequel il filme toutes les animations. Même s’il n’exerce plus son métier de correspondant, il le fait très ponctuellement pour le plaisir. Il a aussi d’autres aspirations, qu’ils ne dévoilent pas pour le moment et la musique comme autre passion. Alors n’hésitez pas si vous le croisez de discuter avec lui, il a une foule d’anecdotes, d’histoires à raconter.

 

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