Cybercriminalité : les limbes d’Internet

La Vie Quercynoise n°3721 du jeudi 9 mars 2017

En place depuis 24 ans sur Castelnau-Montratier, le gendarme Philippe Bard est le référent sur le canton en nouvelles technologies. À ses côtés la brigadière Estelle Guevl.

Le gendarme Philippe Bard et la brigadière Estelle Guevl ont présenté le 3 mars 2017 les dangers qui guettent chaque internaute. À l’initiative du collectif Ciné-Lot, en charge de la programmation à Castelnau, il est proposé ponctuellement depuis l’an dernier des causeries autour de différents thèmes. Ce vendredi 3 mars, en fin d’après-midi, le gendarme Philippe Bard et la brigadière Estelle Guevl, venaient présenter à un large public d’adultes et quelques adolescents les dangers qui guettent chaque internaute. Depuis 5 ans, le gendarme Philippe Bard intervient auprès des collèges et lycées en tant qu’enquêteur correspondant aux Nouvelles Technoloties C-NTECH. « C’est la première fois que j’interviens auprès d’adultes » souligne-t-il. Les débats, les échanges, les témoignages n’ont pas manqué tant les auditeurs étaient concernés par le sujet. Même les plus avisés ou prudents peuvent parfois se laisser berner.

On trouve sur internet une foule d’informations qui ne sont pas toujours fiables. Cette grande toile permet de réseauter instantanément (Facebook, Instagram, Snapchat, Whatsapp…), d’échanger des données (cloud, drive, streaming, site de téléchargement…), de communiquer, de faire des achats, telle une toile d’araignée.

Elle amène aussi son lot d’escroqueries bien ciblées, de diffamations, de harcèlement… Durant plus d’une heure, il était fait état des plus grands dangers et des dérives que cela entraîne.

Le gendarme Bard exhortait chacun des internautes, que ce soit face à l’ordinateur ou à un smartphone, à être beaucoup plus vigilant. Il n’est pas rare de laisser trop d’informations sur notre vie privée. Un des exemples : le nombre impressionnant de photos laissées à la vue du public, des amis, des amis des amis, sur un compte Facebook, alors qu’en France chaque personne possède un droit à l’image exclusif. Aux questions posées : qui connaît cette loi ? Qui demande à ses amis s’ils peuvent le mettre sur Facebook ? Les réponses étaient plutôt timides. Sans s’en rendre compte, derrière l’ordinateur l’attitude de l’internaute n’est pas du tout la même que s’il est « dans la vraie vie », en exposant plus de détails sur sa vie privée alors qu’il ne s’autoriserait pas à le faire au quotidien. D’ailleurs 84 % des internautes ne contrôlent pas leur image et les informations diffusées à leur sujet. D’où l’intérêt de distiller au maximum les données personnelles sur les réseaux sociaux, de faire attention à ce que l’on publie et d’éviter des photos compromettantes. Sur ce point, le gendarme Bard, appuyait sur l’importance qu’accordent les employeurs à « googeliser » les futurs candidats à l’embauche, et un nombre d’informations malencontreuses, ne donnant pas une bonne image, peut parfois ressortir.

Les infractions courantes sur Internet sont nombreuses : atteinte à la représentation de la personne, diffusion d’images violentes, diffamations, usurpation d’identité numérique, escroqueries à « l’amour » (les sites de rencontres, en regorgent, où les personnes se créent une fausse identité pour soutirer de l’argent), escroqueries aux faux-emplois…

Lors de ses interventions, le gendarme Bard, constate que les jeunes sont très au courant de tout ce qui se passe sur Internet, du côté obscur tel que « Darknet » (page non indexée par les moteurs de recherche classique), mais ils ne réalisent pas souvent la portée de leurs actes. Ils marquent souvent un étonnement lorsque le gendarme précise que les services spécialisés retrouvent même après formatage les données des sms, des mails et autre sur un ordinateur ou un téléphone.

Toutes les tranches de génération sont confrontées aux dangers d’Internet, il appartient donc à chacun d’adopter de bons réflexes pour ne pas se laisser entraîner dans les limbes d’Internet.

Harcèlement sur Facebook

Le harcèlement par les réseaux sociaux est très fréquent chez les jeunes. Une statistique montre que 1 % des moins de 6 ans, 4 % des 6 à 8 ans, et que la grande majorité des 12 ? 14 ans subissent des agressions, des injures sur Facebook. L’âge légal pour avoir un compte Facebook est normalement de 13 ans !

Dans tous ces cas de figure, la gendarmerie peut intervenir ainsi que des services spécifiques :

– N° vert « non au harcèlement » : 3020. Les pré-ados et les adolescents peuvent se confier sans avoir à en parler à l’école ou à la famille,

– N° gratuit 33 700 : plateforme de lutte contre les spams vocaux et SMS,

– 0 811 02 02 17 : pour toutes escroqueries.

MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

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