Castelnau Mtier. Jochen Brusch et Finn Svit : un duo qui a charmé le public français

Actu Lot-La vie quercynoise n°3698 du jeudi 29 septembre 2016

©Marie-Françoise Plagès

Concert de Jochen Brusch et Finn Svit à Castelnau-Montratier le jeudi 22 septembre 2016 © M-F Plagès

Pour la 4ème fois, Jochen Brusch (violoniste) revient à Castelnau-Montratier avec son ami et collègue, Finn Svit (guitariste), pour un duo qui a charmé le public français. Ce jeudi 22 septembre, première journée d’automne, la soirée concertante s’annonçait sous les meilleurs auspices.

Il est à relever que le public du sud-ouest, connu pour son fameux « quart d’heure quercynois », a fait mentir cet adage ce soir-là. Tellement impatients de rencontrer ces deux musiciens, la soixantaine d’auditeurs était présente bien avant les musiciens. Jochen Brusch et Finn Svit, qui se connaissent depuis plus de 20 ans, ont interprété un programme captivant, suscitant des applaudissements retentissants dans l’église Saint-Martin.

Tout à fait unanimement, les spectateurs ont salué l’interprétation, les petites mises en scène humoristiques entre les deux musiciens, la programmation, et la virtuosité qui les ont enchantés, séduits, et emportés. D’ailleurs, de nombreux échanges après le concert ont duré bien longtemps, comme si chacun souhaitait prolonger cette merveilleuse soirée.

La France vue par Finn Svit et Jochen Brusch

Finn Svit et son émerveillement pour le public français

Finn Svit, le guitariste danois, découvrait pour la deuxième fois la France durant cette semaine de septembre. En juillet dernier, il participait au 19ème festival international de guitare de l’île de Ré. Interviewé sur la découverte du sud-ouest et son ressenti du public français, il avoue être sous le charme :

« C’est pour moi une merveilleuse expérience d’être dans un pays étranger, avec pour occupation non seulement de jouer, mais de pouvoir faire connaissance avec le pays et les gens. Le public est ici très spécial : très chaleureux, reconnaissant. J’ai eu beaucoup de bonheur à parler avec les gens après les concerts, c’était vraiment une ambiance très amicale. J’ai été très touché par la gentillesse, l’amabilité, la chaleureuse hospitalité de toutes les personnes qui nous ont reçus. Les paysages sont beaux, variés. Cette semaine m’a permis de faire l’expérience d’un magnifique public, d’une amitié qui me procure une joie que je vais porter longtemps dans mon cœur. Également le fait de jouer dans des lieux merveilleux offrant une excellente acoustique. Tout cela m’a beaucoup ému. C’était une expérience magnifique, fatigante parfois, mais tellement belle ! ».

Jochen Brusch et sa profonde connexion avec la région

De son côté, Jochen Brusch connaît maintenant très bien la région et l’apprécie énormément. Son regard sur le public français met en lumière un auditoire amoureux et respectueux :

« Le public français que nous avons rencontré est un public pour ainsi dire « intact », un public que les connaissances musicales et la pédanterie n’ont pas déformé. Ici, le public n’est pas saturé de concerts et de culture, et il reçoit avec bonheur. Les auditeurs veulent seulement jouir de la musique au moment présent. Et c’est très agréable pour nous.

Nous avons eu la chance de proposer un programme équilibré, et bien qu’il soit conçu pour des enfants, nous avons eu l’impression d’avoir touché le cœur de tout le public. Français du sud-ouest et Allemands sont complémentaires. Les uns avec la sensibilité, la spontanéité, l’ouverture, et les autres avec plus de rigueur, d’exigence dans les détails. Ils sont faits pour travailler et produire ensemble ! »

Un échange culturel unique et inoubliable

Dans leurs concerts de cette semaine, les deux musiciens ont fait l’expérience d’un échange direct avec le public. Jochen Brusch explique : « C’est quelque chose qu’on ne peut pas expérimenter dans les grands centres de musique classique. C’est une jouissance ici qu’on ne peut pas connaître ailleurs. En effet, dans cette région, les gens ont encore une certaine innocence, ils reçoivent la musique avec leur cœur, immédiatement, ils se laissent toucher directement par la musique. Et cela, on le perçoit d’abord au cours du concert lui-même : on sent un public attentif, concentré. Mais aussi après le concert, les personnes prennent le temps de rester avec nous, de questionner, de remercier. Elles manifestent la joie que leur a procurée notre musique. »

Cet échange va bien au-delà de la musique. « C’est aussi un privilège de voyager dans un pays voisin non comme un touriste, mais de pouvoir connaître les gens. Accueilli dans une famille, on apprécie l’art culinaire, les produits frais de cette terre. On participe à la vie des gens du pays. Pour moi, c’est passionnant de constater la différence entre mon pays d’origine et le charme de cette région-ci, alors qu’il n’y a que quelques heures de route qui nous séparent. Ici, le style d’architecture, les paysages, les habitants et leurs coutumes, tout cela se fond en une unité attachante. »

Les organisateurs : un rôle clé dans la réussite de cet événement

Marie-Josée et Gerhard Schneider, des passionnés de musique

Marie-Josée et Gerhard Schneider, qui s’activent ardemment pour recevoir les musiciens, mobiliser des bénévoles, et permettre de belles rencontres culturelles, reconnaissent que, au-delà d’une organisation millimétrée, il y a une joie partagée. Marie-Josée explique : « Il y a cette joie partagée, la joie de la musique en train de se faire : les répétitions qui remplissent la maison et le village. De la musique à profusion, à portée de main pour ainsi dire, qui s’épanouit avec simplicité et se diffuse généreusement. »

Elle ajoute : « Nous jouissons de leurs concerts de haute qualité. C’est un échange plein de jouissances multiples. Pour eux, une semaine de travail intense (10h-12h30 et 15h-17h/18h) dans un cadre protecteur et bienveillant, pour nous, le plaisir d’une musique vivante et de haute qualité. C’est un échange des cultures qui dure maintenant depuis plus de trente ans. Il y a aussi la joie de ce retour des musiciens connus, d’année en année, comme les membres d’une famille. »

Un réseau de soutien et d’amitié

Les organisateurs soulignent l’importance du travail en amont et durant les séjours des musiciens. « L’énergie nécessaire est fournie par la chaleur humaine que dégagent ces échanges, et depuis 2008, le travail en association en a optimisé la réalisation. Sans compter les soutiens, psychologique et matériel, de tout un réseau de voisinage et d’amis. »

Chacun apporte sa pierre et ses compétences du moment, et chaque concert réussi est un bonheur pour tous. À l’issue du dernier concert à Montjoi, une auditrice a lancé : « C’est un concert où on sent l’amitié. »

Un message de paix à travers la musique

À la fin de chaque concert, Finn Svit et Jochen Brusch ont évoqué la paix dans le monde en jouant comme dernier bis un morceau de Robert Schumann : « Von fremden Ländern und Menschen » (Des pays et des hommes d’ailleurs).

Un dialogue culturel entre musiciens et public s’instaure, créant des moments de bonheur inoubliables. Comme le rappelle Jochen Brusch : « Un dialogue consiste toujours en : donner et recevoir, geben und nehmen. »

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