A 15 km de Castelnau-Montratier dans le Lot, le golf des Charmilles, créé par Robert Pomarède.
©M-F PLAGÈS / Actulot dimanche 15 juin 2025

À Lafrançaise, dans le Tarn-et-Garonne, à 15 km de Castelnau-Montratier dans le Lot, le golf des Charmilles est bien plus qu’un terrain de sport. C’est l’aboutissement d’une vie consacrée à la création de parcours, porté par un couple aussi passionné que complémentaire : Robert et Nathalie Pomarède.
Un rêve devenu paysage et réalité
Quand on arrive au golf des Charmilles, le visiteur ne peut être qu’admiratif du lieu. Niché dans un vaste écrin de verdure aux étendues qui semblent parfois infinies, le site a ouvert ses portes en octobre 2020 à Lafrançaise, non loin de la vallée du Lot. Mais le projet, lui, a pris racine bien plus tôt : en 2007, Robert Pomarède rachète ce terrain situé sur l’ancien site de « L’Île de la Foi », en activité dans les années 1980 mais laissé à l’abandon durant de longues années. Le chantier débute réellement en 2013, avec une première phase de déboisement, et se concrétise au fil des ans : d’abord un parcours de 6 trous, avant d’atteindre les 9 trous définitifs au printemps 2025.
Ce parcours de 23 hectares, à la fois technique, convivial et « golfique », comme le définit son concepteur, met en valeur la flore locale et respecte le relief du terrain. Pensé pour les joueurs confirmés comme pour les néophytes, le site est ouvert à tous – y compris aux personnes en ituation de handicap – et propose des initiations avec des professionnels.
Architecte et constructeur de golf
Derrière ce projet, un homme : Robert Pomarède. Moissagais d’origine, paysagiste de formation, il commence sa carrière dans le monde de l’horticulture en fondant en 1974 la Jardinerie du Bas Quercy Pomarède. C’est à la fin des années 1970 qu’il s’aventure dans l’univers du golf, notamment sur le site de Vieille Toulouse. Une révélation : en 1976, il réalise son premier « putting green » pour un ami londonien installé à Moissac. Deux ans plus tard, il débute officiellement dans la construction de parcours.
En 1986, il fonde sa propre entreprise de construction de golfs. À son actif, environ 27 parcours, dont certains parmi les plus réputés : Font-Romeu (le premier golf clé en main, reconstruit sur un ancien site abandonné), Albi-Lasbordes, Carcassonne, Lourdes, Esterel à Saint-Raphaël, Souillac dans le Lot, Lamalou-les-Bains (seul golf public de l’Hérault), Bourg-en-Bresse, Mazamet, Apremont (près de Paris), Ayguelèze dans le Tarn, Augerville-la-Rivière au sud de Paris, ou encore le golf privé de Buzzicheli à Aurignac
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Il collabore avec de grands architectes européens comme Jeremy Pern, John Jacobs, Jean-Pascal Fourès, Hawtree, mais a aussi dessiné lui-même six golfs. Robert Pomarède a également collaboré auprès de Hubert Chesneau (architecte) sur l’école de golf au Creps de Toulouse. Pour ce passionné et amoureux de la nature, un parcours doit avant tout s’accorder au plus près de la morphologie du terrain : « On s’adapte avec la flore, les arbres… et on essaye de mettre les beaux spécimens en valeur. Chaque golf est unique. »

Un site ouvert, une passion partagée
Le golf des Charmilles se présente aujourd’hui comme un club privé, mais accessible à une large clientèle. Grâce à sa situation géographique, il attire des joueurs venus du Lot, du Tarn-et-Garonne, mais aussi de Toulouse, de Paris, de Suisse ou d’Angleterre, et bien sûr d’autres horizons. Robert a d’ailleurs dirigé pendant cinq ans le golf de Lamalou-les-Bains, ce qui lui a permis d’acquérir une solide expérience en gestion de site.
Son ambition pour les Charmilles ? Faire émerger une véritable dynamique de club : créer une équipe de seniors et de jeunes, organiser des sorties, multiplier les animations. Et pour aller plus loin, il envisage même un projet immobilier sur le site, avec la construction de chalets pour proposer des hébergements aux visiteurs.
Nathalie, l’élégance du swing
Nathalie Pomarède n’est jamais bien loin de ce projet de cœur. Née dans une famille où le golf était présent, elle a grandi sur les parcours. Elle a atteint la finale du net du Crédit Lyonnais, il y a une trentaine d’années, à Saint Andrews, berceau du golf, où, rappelle-t-elle, le club-house était interdit, à une certaine époque, aux chiens… et aux femmes.
Partenaire discrète mais investie, elle souligne que la construction d’un golf est aussi passionnante que son entretien : « Le monde du golf n’est pas si vaste. Chaque parcours est une destination en soi. Il faut savoir qu’un golfeur ne se déplace que là où il y a un terrain à jouer. »

Un parcours de vie, comme un fairway
Aujourd’hui, alors qu’il savoure une retraite active, Robert résume l’histoire des Charmilles d’une phrase : « Je m’étais dit qu’un jour je construirais mon propre golf. J’ai toujours réussi à concilier vie professionnelle et passion. » Le défi est relevé.
Quant à ses coups de cœur, difficile de trancher : « Le plus beau ? Celui de Spérone en Corse du Sud… Mais aussi ceux de la Côte d’Azur ne sont pas mal non plus. »
Au printemps 2025, le golf des Charmilles franchit une nouvelle étape avec l’aménagement d’un 9e trou. Cette évolution lui ouvre les portes de la Fédération Française de Golf et des compétitions officielles. Mais l’ambition ne s’arrête pas là : des hébergements inspirés de l’architecture japonaise sont en projet. En conjuguant qualité sportive, cadre naturel et capacité d’accueil, le domaine entend devenir une véritable destination touristique. Offrir sur place hébergement et restauration renforcera l’attractivité du site et son rayonnement.
©Marie-Françoise PLAGÈS