Stéphanie Bologna, artiste plasticienne, qui exerce depuis plus de 20 ans son métier d’art-thérapeute, ouvre en janvier 2025 son cabinet à Cahors.
Actu Lot-La vie quercynoise jeudi 2 janvier 2025
©Marie-Françoise Plagès

Artiste plasticienne, intervenante en milieu médico-social, art-thérapeute, Stéphanie Bologna mène de front ses activités qui sont l’essence même de son parcours de vie. En janvier 2025, elle ouvre un cabinet afin d’exercer son métier d’art-thérapeute en libéral.
Originaire de Cahors, l’artiste plasticienne, Stéphanie Bologna, spécialisée depuis plus de 20 ans dans la pratique de l’art-thérapie va ouvrir en janvier 2025 un cabinet, à Cahors, situé dans un espace où se côtoient d’autres thérapeutes.
L’art-thérapie en quelques mots
L’art-thérapie est souvent un mot un peu fourre-tout, un métier connu mais si méconnu comme le précise Stéphanie Bologna. « Il existe un grand nombre de formations et pratiques différentes de l’art-thérapie. Si toutes ont pour support l’utilisation de l’art au service du soin, elles s’appuient cependant sur des approches et méthodes différentes. L’art-thérapie est un support qui permet d’atteindre le côté inconscient des émotions, sans contrôle et libératoire. C’est une expression non-verbale qui permet d’extérioriser ce qui peut nous habiter intérieurement. Similaire à la psychologie, l’art-thérapie vise à traiter les problématiques des patients de manière distincte. L’art devient un moyen d’expression des émotions, souvent de manière inconsciente. »
Diplômée d’état en art-thérapie (AFRAPATEM) auprès de la faculté de médecine de Tours, institution reconnue dans ce domaine, elle a déjà exercé auprès de différentes structures médico-sociales (institut Camille Miret, services d’hospitalisation en psychiatrie, foyer Lamourous…) et également en EHPAD dans un service de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Aujourd’hui elle mènera de front ses interventions auprès de structures professionnelles, ses rendez-vous au cabinet ainsi que son activité artistique. Que ce soit en libéral ou au sein des structures, l’art-thérapeute travaille toujours de la même manière. Seule différence, dans les structures ce sont souvent des accompagnements de groupe.
Durant une séance
L’art-thérapeute observe le comportement et les réactions de la personne durant le processus créatif et s’adapte à ce qu’elle souhaite exprimer tout en s’appuyant sur le plaisir de créer.
« Dans notre formation, on nous prend en tant qu’artistes pour notre connaissance sensible de la pratique artistique. C’est-à-dire qu’on utilise le processus artistique pour ce qui met en jeu des capacités cognitives, motrices, de l’expression et aussi des émotions. On a un regard sur la manière dont la personne va aborder ces différentes étapes du processus artistique, c’est-à-dire qu’au niveau de l’intention, de la réalisation et de la production, comment la personne va. C’est beaucoup d’observations, c’est orienter ce que l’on propose en fonction du besoin de la personne. On détermine un objectif de soin. Et en fonction de cet objectif, on va orienter la personne pour stimuler telle ou telle capacité par l’intermédiaire du plaisir de faire. Cela repose sur ce principe inhérent à l’art d’extériorisation des émotions. En fait, on part de l’idée que l’homme depuis la nuit des temps, a toujours eu ce besoin d’expression de sa spiritualité, de ses émotions, que ce soit la préhistoire, les peintures pariétales. Il y a toujours eu un besoin de l’homme, qui le différencie aussi de l’animal, d’extérioriser, de communiquer ce qui nous est propre par l’expression artistique » souligne Stéphanie Bologna. Ce qui est opérant dans l’art-thérapie, c’est l’acte en lui-même de création, l’acte d’extériorisation des émotions.
Artiste et art thérapeute
Impossible pour l’artiste plasticienne de ne pas combiner les deux activités. Elles sont complémentaires et nécessaires explique-t-elle. « Mon travail artistique est ancré dans un besoin personnel qui contribue à mon équilibre de vie. La création, que ce soit la peinture, le dessin ou d’autres formes d’art, me permet d’évacuer tout mon vécu émotionnel, tout ce qui est un peu compliqué en moi, des choses que je ne pourrais pas exprimer par les mots. Je les exprime par le dessin et il en ressort des créations assez torturées, très personnelles, visibles autant par la forme, le sujet ou la couleur. Ce qui est libératoire c’est d’en faire quelque chose de beau. »
Pour elle, ce processus artistique est une étape importante de ce cheminement qui permet de transformer ou les émotions, ou le vécu. Aller du négatif vers du positif et rendre l’œuvre qui se crée tout à fait acceptable et ainsi retrouver : confiance, estime de soi et peut aussi apporter une certaine motivation.
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Une thérapie ouverte à tous
Chaque création faite n’est ni remportée par la personne, ni vouée à être exposée. Il faut voir cette thérapie comme « un travail de soin. L’œuvre n’est pas faite pour être offerte ou montrée. Le regard de l’autre peut être destructeur. On ne sait pas comment ça va être interprété » exprime Stéphanie Bologna. En fait, cela demande du coup un vrai investissement qui n’est pas transposé dans une idée de ce qu’on va en faire, ou de montrer la maîtrise de son art. C’est la raison pour laquelle ces séances s’adressent à tout le monde. Pas besoin de savoir pratiquer pour se lancer dans le dessin, la peinture, le collage ou la sculpture.
De l’art à l’art-thérapie
Stéphanie Bologna n’est pas devenue art-thérapeute par hasard. Après avoir passé le bac, elle a hésité entre faire des études de psychologie ou rentrer aux beaux-arts. « J’ai toujours été intéressée par tout ce qui était l’être humain. » Finalement c’est la fibre artistique qui l’emporte. Mais un grave accident qui l’a cloué sur un lit pendant plusieurs mois va l’amener vers l’art-thérapie. « Au sein de ce centre de rééducation, où j’étais complètement dépendante, j’ai rencontré une personne tétraplégique. Elle s’est confiée en me disant que pour elle ce qui lui manquait le plus, ce n’était pas de pouvoir marcher, c’est de ne pas pouvoir jouer de la guitare. Et là ça m’a fait tilt car pour ma part, même si j’étais alitée, mon père m’avait fabriqué une structure qui me permettait de dessiner ». Cette rencontre a été le déclic, l’élément déclencheur qui l’a engagé sur le chemin pour se former en art-thérapie.
Les différents courants de l’art-thérapie
Il existe trois courants principaux : la psychothérapie médiatisée (menée par des professionnels de la psychologie ou de la psychiatrie), l’Art Brut (basé sur l’expression à l’état brut des émotions) et l’art-thérapie qui sollicite les capacités cognitives spirituelles et motrices propres à l’homme au cours de l’ensemble d’un processus artistique.
À qui s’adresse l’art-thérapie
Toute personne de tout âge rencontrant des difficultés temporaires ou au long cours sur le plan cognitif, moteur, relationnel et émotionnel pourra faire appel à ses services. Il n’y a pas besoin d’avoir un talent particulier pour pratiquer. Comme il n’y a pas d’exposition à la clé. Cette méthode agit de manière évidente comme l’exprime l’artiste plasticienne sur l’affirmation, l’estime de soi et sur l’autonomie de pensée et de faire.
Marie-Françoise PLAGÈS
Séance sur rendez-vous : 14, rue Jean Jaurès, 46 000 Cahors. Contact et renseignements : stephanie.bologna@hotmail.fr, stephaniebologna.wixsite.com/artiste ou 06 19 31 89 40.