Valérie Roger, créatrice passionnée, excelle dans des disciplines variées, allant du micro-macramé à la peinture d’icônes. L’artiste, basée à Lamothe-Capdeville (82) a su transformer sa retraite en une grande aventure artistique.
Actu Lot-La vie quercynoise du jeudi 19 décembre 2024
© Marie-Françoise Plagès

Sous le nom, les Récréations du Bessou (ateliers créatifs pour les adultes), se cache une artiste hors pair : Valérie Roger, dotée de nombreux savoir-faire et talents qu’elle partage lors de ses ateliers. Au Noël du Fournil des artistes d’ici, à Castelnau-Montratier, où elle présente à côté de 27 autres artistes et créateurs, ses différentes créations (bijoux micro-macramé, cailloux peints, attrape rêves…) pour la première fois, Valérie Roger expose également des icônes faites selon la tradition orthodoxe et éthiopienne. Tout un art qu’elle a appris auprès de différents professeurs et maîtres en la matière qui mérite que l’on pousse la porte de son atelier, basé à Lamothe-Capdeville (82), afin d’approcher les secrets de l’iconographie.
Devenir iconographe ne s’invente pas. C’est tout un cheminement qui a amené Valérie Roger sur cette voie. Vétérinaire de métier, elle s’est toujours passionnée pour le bricolage et les travaux manuels. Un concours de circonstances l’amènera à faire ses premiers pas d’iconographe.
D’ailleurs son atelier, rangé au carré, fourmille de nombreuses créations, sur les étagères, dans les cartons ainsi qu’une joyeuse troupe de petits chiens qui font la fête à chaque visiteur. Tout est minutieusement rangé dans cet antre qui ressemble à une caverne d’Ali Baba. Chaque boîte ou carton renferme quelques petites merveilles de créations. Lorsqu’elle montre tout ce qu’elle conçoit, il est facilement décelable que l’artiste ne compte pas ses heures pour réaliser des bijoux en micro-macramé avec des pierres serties, des décorations en tissus, des pyssankis (œufs traditionnels ukrainiens), des galets peints ou zen, des attrapes rêves, du macramé « géant » et des icônes. Sur des étagères, ces dernières trônent présentant différents tableaux à connotations spirituelles : des épisodes de la vie de Jésus, le Christ Pantocrator, ou les prophètes.
Qu’est-ce qui vous a poussé à vous intéresser à peindre des icônes ?
Cela faisait longtemps que je faisais de l’aquarelle, de la peinture à l’huile. Et, les icônes, j’admirais ça, donc j’avais envie de me lancer. Au début, j’ai essayé d’apprendre par moi-même en utilisant un livre, mais j’ai trouvé cela assez difficile. Et puis un jour, une cliente qui avait un jeune chien très malade est venue me voir. Au bout d’un certain temps, elle ne pouvait plus payer les soins que je prodiguais à son animal. Sachant que j’étais intéressée d’apprendre à peindre des icônes, elle m’a proposé de m’enseigner cet art en échange de mes services. Sa méthode était assez rudimentaire, mais cela a marqué le début de mon apprentissage. Ensuite, j’ai approfondi mes connaissances en participant à des stages, notamment auprès d’un prêtre orthodoxe, pendant une année, ce qui a enrichi ma pratique.
Faut-il une approche particulière pour commencer à peindre une icône ?
Oui, peindre une icône est un acte méditatif, presque comme une prière. Cela nécessite une concentration et une intention particulière, car les sujets que je représente, comme le Christ, le Christ pantocrator, le Christ bon berger, des scènes de la vie de Jésus, la Nativité, l’Annonciation, la Vierge ou des saints, ou des représentations des apôtres et de l’Ancien Testament, sont chargés de signification spirituelle. C’est aussi un art très codifié. Par exemple, les figures et les scènes suivent des conventions précises qui symbolisent leur dimension spirituelle. Les couleurs ont aussi une signification : l’or symbolise la lumière divine, le bleu la sagesse, et ainsi de suite. Ces règles sont essentielles pour rester fidèle à la tradition iconographique.
Comment débute-t-on la préparation d’une icône ?
La préparation est très codifiée, car chaque étape a une importance symbolique et technique. Tout commence par le choix du bois. Aujourd’hui, j’utilise du tilleul, car il se déforme peu. Après avoir découpé les planches, j’y colle un tissu, que je recouvre ensuite de plusieurs couches d’un apprêt fait de blanc de Meudon et de colle de peau. Cette préparation est longue, car chaque couche doit être parfaitement poncée pour obtenir une surface lisse.
Une fois la planche prête, comment procédez-vous ?
Je travaille avec des pigments naturels, mélangés à du jaune d’œuf et de l’eau. Ce mélange donne des couleurs lumineuses et durables. La peinture se fait par couches très fines, toujours des tons les plus sombres vers les plus clairs. Par exemple, pour les visages, je commence presque par du noir, puis j’amène peu à peu la lumière en superposant les couleurs.
Par quelle icône conseillez-vous de commencer lorsqu’on débute ?
La Vierge à l’Enfant est souvent l’une des premières icônes que l’on apprend à réaliser. C’est une image classique et riche de symbolisme. Ensuite, on peut explorer des représentations comme le Christ pantocrator ou des scènes de la vie de Jésus, comme la Nativité ou l’Annonciation.
Combien de temps faut-il pour réaliser une icône ?
C’est l’école de la patience. Cela dépend de la taille et du niveau de détail, mais en général, c’est un processus long, parfois plusieurs mois. Chaque étape demande du temps : la préparation, l’application des couches, le séchage. Il faut aussi beaucoup de temps car tout doit être fait avec minutie.
Existe-t-il des règles spécifiques à respecter lors de la peinture d’icônes ?
Bien que je n’aie pas détaillé toutes les règles, il est important de respecter certaines conventions dans la représentation des figures et des scènes. Cela fait partie intégrante de l’art iconographique orthodoxe.
Quels sont les différents styles ou écoles dans la peinture d’icône ?
Il y a les styles classiques russes et roumains, très réalistes et détaillés, et d’autres plus naïfs, comme les icônes coptes ou éthiopiennes. Ces dernières dites naïves ont une simplicité touchante. Chaque tradition a ses caractéristiques, mais elles partagent toutes une quête commune : transmettre le spirituel par l’art.
Que représente pour vous la peinture d’icônes ?
C’est bien plus qu’une pratique artistique. C’est un cheminement spirituel, un dialogue silencieux avec le sacré. Chaque icône est une fenêtre ouverte vers l’éternité.
Pour aller plus loin
Deux fois par semaine, elle reçoit des personnes pour l’apprentissage des icônes et le vendredi après-midi, dans un autre atelier, Valérie Roger propose des activités variées : peinture sur galet, création d’attrapes rêves, boules de Noël, pyssankis et la fabrication d’arbres de vie. Les ateliers s’adaptent à la tendance du moment. Les participants peuvent également apprendre différentes techniques comme le tressage et le macramé, bien que ce dernier nécessite plus de temps pour être maîtrisé. Il n’y a pas de conditions nécessaires pour participer aux ateliers. Les ateliers sont accessibles à tous, même aux débutants. Contact et renseignement : rogervaleriebessou@gmail.com / sms au 06 82 38 58 02.
Décembre 2024 © Marie-Françoise PLAGÈS