Une 1re sur Cahors, une compagnie médiévale vient de voir le jour. Au programme, des entraînements de AMHE, mais aussi des reconstitutions historiques. Rencontre avec Rémy Prévost.
Actu Lot – La vie quercynoise n°4095 du jeudi 9 mai 2024
© Marie-Françoise Plagès

Entraînements de AMHE, reconstitutions historiques, fêtes médiévales, voilà en partie les projets d’une compagnie médiévale qui vient d’être créée sur Cahors.
Au cœur d’une vie déjà bien remplie, Rémy Prévost vient de concrétiser un vieux rêve en créant la Compagnie Médiévale Cadurcienne, érigée sous forme d’association. Le jeune entrepreneur de 31 ans confie qu’il se défend de toutes appartenances religieuses, les valeurs seront la base de cette compagnie où devront rimer camaraderie, opiniâtreté, discipline et rigueur, tout en s’amusant.
Naissance du projet
Artiste pluridisciplinaire, Rémy Prévost raconte comment le projet s’est construit : « j’ai vécu plusieurs années en Belgique où j’ai créé un bar viking à thème qui s’appelait Le Drakkar Rouge, avec lancer de hache. On pouvait y déguster des vins historiques, gallo-romains… En parallèle, j’ai pratiqué la reconstitution historique dans la Compagnie des Furets. C’était un loisir que je pratiquais avec passion. Aussi, quand je suis revenu m’installer à Cahors, j’ai vu qu’il n’existait pas ce genre de structure. Cela me tenait à cœur de pouvoir poursuivre, d’où la création de l’association. Je m’intéresse à l’histoire locale. La mettre en avant est important, car je souhaite partager ma passion. J’ai l’impression de redécouvrir la ville où j’ai grandi avec de nouveaux yeux ».
Les axes de la compagnie
La compagnie est articulée autour de deux axes essentiels : redécouvrir le patrimoine cadurcien, son histoire et celle du Lot en général afin de le remettre en avant, et mettre en place des entrainements de AMHE, strictement réservés à des adultes. Il faut entendre Arts Martiaux Historiques Européens qui permettent de s’approprier le maniement des armes d’époque : épée, bouclier, lance, hache, massue, dague… « Cette pratique exige des consignes de sécurité très particulières à respecter. Lors des entrainements, on va adapter notre capacité de combat à notre niveau de protection, et selon les armes que l’on manipule. Aussi, j’ai prévu pour les prochaines séances d’avoir des » simulateurs « , des armes protégées, pour s’exercer en toute sécurité » précise Rémy Prévost tout en détaillant les précautions d’usages à avoir. « Bien sûr, ces entrainements sont en prévision de pouvoir faire des reconstitutions réalistes. Au fur et à mesure de l’apprentissage, on va tendre vers l’usage d’armes en métal » blunt « , c’est-à-dire émoussées, et à utiliser des protections adaptées (gants spécial AMHE, manteau rembourré, côte de maille, casque…) ».

Quelle époque ?
Le Moyen-Âge couvre plus de 1 000 ans d’histoire (Ve au XVIe siècle), Rémy Prévost s’intéresse principalement au XIIIe siècle. Ses projets sont multiples avec l’association de la compagnie : entrainements, reconstitution, table ronde… Il détaille : « pendant toute la phase de création de la compagnie, j’ai cherché le blason qui représentait la ville à cette époque-là. À la bibliothèque patrimoniale, j’ai trouvé une source historique, un cachet de cire d’un document officiel d’un consulat à Cahors daté de 1250. Après l’avoir reproduit, il est aujourd’hui l’emblème de la compagnie. Il représente un pont avec 5 tours, 6 arches, la rivière et des poissons ». Dans son souci d’enlever certaines idées reçues et être au plus près de la vraie histoire, il met un point d’honneur à déstructurer toutes les images fausses véhiculées sur le moyen-âge. Rémy Prévost fait remarquer que le blason ne représente pas le pont Valentré (construit au XIVe siècle). « Cet emblème correspond à un autre pont de Cahors. Il y avait une symbolique avec les blasons, le nombre de tours montrait la puissance d’une ville, les poissons représentaient sa richesse. Il est donc plus symbolique que représentatif d’un édifice en particulier » confirme Rémy Prévost qui a pris le temps de se renseigner ainsi que de lire de nombreux ouvrages historiques. Il s’est plongé tout naturellement dans les livres sur les églises médiévales dans le Lot, les maisons civiles, les châteaux et bâtiments militaires. Une collection l’a beaucoup intéressée parmi les ouvrages de l’historien Nicolas Savy : « il remet en lumière des événements de la vie quercynoise à travers les siècles et notamment à l’époque du moyen-âge. J’ai rencontré des universitaires, des historiens, des anthropologues qui s’intéressent à l’histoire de Cahors. Ils étaient très enthousiastes qu’il y ait un tel projet pour faire revivre ce pan d’histoire »…
Marie-F. Plagès – mai 2024
Contact et renseignements : compagniemedievalecadurcienne@gmail.com ou au 07 80 60 10 28. Entraînements AMHE tous les lundis de 20 h à 22 h à la Croix de Fer, 24 Ae Alphonse Juin, à Cahors.