L’annonce de la fin des indemnisations, par les chasseurs, des dégâts faits par le gibier comme le sanglier, est un discours qui est inacceptable pour les agriculteurs du Lot.
ActuLot – La vie quercynoise n°4095 du jeudi 9 mai 2024
© M-F Plagès

Dans le Lot, le climat est tendu entre les agriculteurs et les chasseurs. En effet, ces derniers expriment leur mécontentement par les voix de Christophe Bonnet et Thierry Noireau, de la FDSEA. Ils sont en désaccord total avec la fédération de chasseurs du Lot qui a pris selon leurs dires une décision sans concertation.
Dernièrement ils ont été mis devant le fait accompli : plus d’indemnisations pour les dégâts causés par les sangliers dans les champs de maïs.
Une surpopulation de sangliers
Dans le département, la prolifération des sangliers est un vrai fléau. Impossible de les comptabiliser mais les prélèvements sont passés de 4 900 en 2022 à plus de 10 000 en 2023. Traditionnellement c’est la fédération de chasse qui indemnise les agriculteurs dont les cultures ont été attaquées. Pour 2023 le montant s’élève à 800 000 €.
Averti par des agriculteurs la FDSEA, s’étonne d’une décision unilatérale qui pose question. Le changement vient du fait que la fédération de chasse propose aux agriculteurs de renoncer aux indemnités en échange de clôtures électriques fournies gratuitement par les chasseurs et de signer une décharge pour la non-indemnisation en cas de dégâts. De plus, si les agriculteurs ne protègent pas leur culture, la société de chasse acterait un abattement de 50 à 80 %.
Les agriculteurs sont mécontents
« C’est un travail énorme de clôturer le maïs et ce n’est pas faisable partout. Ca demande du temps, de surveiller régulièrement, sur une période qui s’étend de mai à octobre, et en contrepartie, si on a des dégâts on ne serait pas indemnisé, pour nous c’est inadmissible. On le sait très bien les clôtures n’arrêteront pas les sangliers. Aujourd’hui nous avons un seul mot d’ordre : ne pas signer » s’insurgent d’une voix unanime les syndicalistes farouchement opposés à cette mesure. D’habitude l’entente entre chasseurs et agriculteurs se passe bien mais là c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
La fédération de chasse s’explique
Michel Bouscary, président de la fédération de chasse dans le Lot argumente cette décision « l’an dernier nous avons accusé un déficit de 400 000 € dû à l’augmentation des sangliers prélevés. Il existe plusieurs solutions, prélever plus de sangliers et protéger les cultures. Si les clôtures sont posées correctement il n’y a pas de dégâts. Là où le bât blesse c’est que certains agriculteurs sont très réticents au choix de cette mesure. Mais si on continue comme ça, on met la clé sous le paillasson ».
Avec les deux actions combinées, prélèvement et protection des cultures, la fédération de chasse espère limiter les dégâts. Il est même question de pouvoir former des agriculteurs au piégeage des sangliers. « La population de sangliers est énorme sur le territoire. Avec les hivers doux la sélection naturelle ne se fait plus. Mais tout est mis en place tant au niveau de la fédération que la protection des cultures pour tenter de contenir et les sangliers et les dégâts. Je l’assure le dialogue reste ouvert avec les agriculteurs » conclut Michel Bouscary.
Marie-Françoise PLAGÈS