Kilian Vaysse de l’Association Contre la Discrimination et le Harcèlement scolaire, est intervenu au collège de Castelnau-Montratier dans le Lot pour sensibiliser au harcèlement.
© M-F Plagès
Actu Lot – La vie quercynoise n° 4081 du jeudi 1er février 2024

Le collège Emile Vaysse à Castelnau-Montratier dans le Lot, avec ses quelque 240 élèves, est un établissement plutôt familial où tout le monde se connaît. Dès qu’il y a une tension, la suspicion d’un problème de harcèlement scolaire, autant le directeur, Hervé Bonnet, que la Conseillère Principale d’Éducation et les professeurs sont là pour réagir assez vite. Mais des fois des actions peuvent échapper à toute vigilance. Alors, informer et sensibiliser reste de mise. En ce sens, le collège a fait intervenir sur une semaine, mi-janvier, Kilian Vaysse à l’origine de l’Association Contre la Discrimination et le Harcèlement scolaire.
Sensibiliser sur le harcèlement scolaire à Castelnau-Montratier
Il est intervenu sur toutes les classes du collège pour mettre l’accent sur les formes de harcèlement auxquelles on peut être confronté.
« On a fait intervenir M. Vaysse parce qu’il est un ambassadeur dans cette action. Il a un vécu, un témoignage à apporter et il est jeune (19 ans) donc les élèves sentent de suite une proximité » précise la CPE, Meriem Denier qui dans un vaste programme du parcours citoyen aborde aussi d’autres thématiques (droits des femmes, les différentes violences, les droits de l’enfant, les discriminations…). Hervé Bonnet et Meriem Denier souhaitent, par ces actions, donner toutes les clés aux élèves pour le bien vivre ensemble, les responsabiliser et les aider à avoir confiance en l’adulte pour gérer les problèmes.
Rencontre avec Kilian Vaysse
À raison de sessions de 2 h, chaque classe a pu profiter de l’expérience de Kilian Vaysse pour avoir les bons réflexes à adopter quand on est victime ou témoin d’un harcèlement
Interrogé, Kilian Vaysse répond à quelques questions où il parle de son approche avec les jeunes.
Au début de vos actions de sensibilisation avez-vous été impressionné pour vous adresser aux enfants ?
Au début, ça pouvait être impressionnant. Aujourd’hui je suis à plus d’une quarantaine d’interventions dans les classes. Majoritairement, ce sont des primaires que je rencontre, mais on intervient avec l’association aussi dans des collèges. C’est le cas pour cette semaine au sein du collège Émile Vaysse à Castelnau-Montratier. Suivant les classes, je n’aborde pas le sujet de la même façon. Je m’adapte. Par exemple les vidéos qui traitent du harcèlement ne sont pas les mêmes suivant les classes de la 3e à la 6e ou du CM1 et CM2.
Que ressort-il en règle générale de ces interventions ?
On leur apprend beaucoup, surtout sur les plus petits qui ne savaient pas ce qu’était le harcèlement ou les formes qui existent de harcèlement. Ça m’est arrivé cette semaine dans une classe où des jeunes ont dit qu’ils avaient connu le harcèlement ou qu’une tierce personne l’avait subi. La parole se libère un peu. Et, ils font confiance parce que j’en ai été moi-même victime.Vidéos : en ce moment sur Actu
Comment se déroulent vos séances ?
Tout d’abord je verbalise le mot harcèlement pour voir qui connaît réellement ce que cela veut dire, en dégageant les notions de harcèlement et les formes qu’il peut prendre (physique, morale ou autre…). Maintenant beaucoup connaissent le terme alors qu’à une époque, c’était bien tabou. Les campagnes de médiatisation ont beaucoup aidé en ce sens. Ensuite, je témoigne de ma propre expérience, c’est ce qui permet d’engager le débat et de faire vivre l’échange. Puis on projette une ou 2 vidéos où je leur demande si pour eux c’est du harcèlement ou non. Là encore, l’interaction se fait, car la vidéo capte vraiment leur attention. Des témoignages peuvent ressortir. Et pour conclure, on fait du théâtre forum où les enfants scénarisent en se mettant en situation de harceleur ou de victime. Là ils peuvent aussi ressentir ce que peut vivre une victime par exemple. On demande aussi à celui ou celle qui joue le rôle de la victime d’exprimer un message clair sur ce qu’il pourrait ressentir et de le centrer sur l’importance du rôle de témoin. Ce dernier est capital, car il peut faire basculer et changer une situation. Un jeune qui va voir un adulte, ça peut sauver une vie.
À la fin de chaque séance, sous forme d’un petit quizz, Kilian Vaysse interroge chacun pour voir s’ils ont tout retenu et ça marche. Pour le moment, il continue ses campagnes de sensibilisation. Kilian Vaysse espère bien pouvoir faire grandir son association et s’étendre à d’autres départements.
- Dans un futur encore indécis, le jeune homme se destine à une carrière de professeur des écoles. L’histoire continue de s’écrire pour faire perdurer ses différentes actions.
MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS