L’Association Culturelle du Canton de Castelnau-Montratier renait avec pour objectif de remettre en valeur et de sauvegarder l’oppidum du Pech d’Estillac, vestige archéologique.
Médialot lundi 6 novembre 2023, Actu Lot-La vie quercynoise n°4069 du jeudi 9 novembre 2023
© M-F Plagès

Après une longue période de mise en sommeil, l’Association Culturelle du Canton de Castelnau-Montratier (ACCM) reprend du poil de la bête. Il faut dire qu’un petit événement a permis de relancer l’association dû à un certain intérêt pour l’oppidum du Pech d’Estillac, vestige archéologique celte situé près de Castelnau-Montratier dans le Lot. D’ailleurs, lors de l’assemblée générale qui se déroulait samedi 4 novembre, en fin d’après-midi, en la salle des fêtes de Sainte-Alauzie, de nouveaux adhérents conquis par les futurs projets ont permis de regonfler les effectifs redonnant sourire et motivation au conseil d’administration.
Un vent de renouveau
La présidente, Monique Cataix, savourait son plaisir d’avoir un bel auditoire d’une quarantaine de personnes pour « fêter » le renouveau de l’association. La dernière assemblée datait du 16 novembre 2019. Cette rencontre avait donc toute son importance. En quelques mots, elle a fait le tour d’horizon des activités passées : une conférence avec Graziella Epito sur les églises oubliées du canton. La période Covid avec son lot de contraintes a freiné l’ACCCM dans ses activités de 2021 à 2022. Malgré tout l’association a continué de se positionner sur les forums d’associations pour continuer d’attirer l’attention des personnes sur le fort potentiel patrimonial du territoire.
Mais l’oppidum du Pech d’Estillac, situé à Sainte-Alauzie, a sorti l’association de sa torpeur en 2023, remobilisant les quelques membres restant pour se positionner sur un sujet d’envergure.
Un oppidum à Saint-Alauzie
Depuis le 18 avril 2023, l’ACCCM est adhérente à la Fédération départementale des Oppida Cadurques (FDOC). Mais qu’est-ce qu’un oppidum ? C’est une fortification de type celtique généralement aménagée en surplomb, protégée par des fossés et servant de refuge et de lieu de rencontre. Beaucoup sont situés sur des hauteurs comme c’est le cas pour le Pech d’Estillac. Thérèse Rességuier-Lacalmontie, porteuse de ce projet et investie comme référente au sein de l’ACCCM a évoqué tout l’intérêt de ce site : « en début d’année Caroline Mey-Fau, conseillère départementale, s’est adressée à tous les maires des communes qui ont des oppida pour attirer leur attention sur ces sites. En avril 2023, une réunion rassemblait tous les maires concernés ainsi que les associations à vocation patrimoniale où l’AMBC et Patrimoine de nos enfants participaient pour représenter l’oppidum de Sainte Alauzie. Puis finalement c’est l’ACCCM qui au vu des buts associatifs semblait être la plus adéquate pour s’inscrire dans cette démarche. De plus, c’est un site qui mériterait une recherche plus approfondie… ».
« L’oppidum de Sainte-Alauzie a 412 mètres de longueur et une largeur décroissante de 180 à 150 mètres. Sa contenance est donc de plus de 6 hectares » (source : bulletin de l’ACCCM de janvier 1999).
Découverte du site
Le 8 mai 2023, une petite équipe de l’ACCCM, à l’âme aventurière, est partie sous un magnifique soleil pour essayer de retrouver grâce à des cartes, des livres d’histoire locale, la trace de ce fameux oppidum. Munie, d’un GPS, d’appareils photo, de bonnes chaussures de randonnée, tels des Indiana Jones, l’équipe des sept a arpenté avec une certaine excitation, tout l’après-midi les crêtes du Pech d’Estillac. En moins d’une heure, tous les yeux rivés entre la carte et la nature verdoyante, l’équipe a trouvé un des murs de l’oppidum. Il n’en fallait pas plus pour redonner plein d’espoir.
Les investigations se sont poursuivies dans un dédale de broussailles. Après la randonnée « découverte », le tracé GPS superposé au plan de l’historien local Limayrac, a permis d’affirmer qu’une partie de l’oppidum a été trouvé. Ceci était présenté lors de l’assemblée générale suscitant les curiosités et un flot de questions auxquelles Thérèse Rességuier a répondu bien volontiers.
Ne pouvant garder cette découverte pour elle toute seule, l’association a organisé lors des journées européennes du patrimoine, une randonnée d’environ 16,5 km, faite en plusieurs étapes, pour faire découvrir à plus de 24 marcheurs quelques sites emblématiques : moulin et église de Boisse, église de Cézac ainsi que celle de Saint-Clément et bien sûr l’oppidum d’Estillac.

La mise en valeur de l’oppidum
Maintenant, l’association ACCCM en relation avec la FDOC doit s’entendre pour favoriser et coordonner les différentes actions pour valoriser l’oppidum. Dans un premier temps, le propriétaire de la parcelle où a été découvert le mur de pierre qui fait environ 180 mètres de large, a été contacté.
Il accepte qu’une équipe de personnes dirigée par l’ACCCM dévégétalise le mur de pierre. Ensuite, en 2024, chapeauté par la FDOC, un panneau sera apposé sur le chemin de randonnée pour situer l’oppidum et rappeler le contexte historique de ce vestige.
Une personne de l’assemblée demandait ce qu’il restait réellement comme trace de l’oppidum, Thérèse Rességuier-Lacalmontie répondait « pour l’heure, nous ne savons pas exactement ce qu’il reste. Le mur que nous avons trouvé correspond à l’un des trois représentés sur le plan. Fin de l’hiver 2023 ou au début du printemps, il est prévu qu’un avion prévu à cet effet fasse un repérage du site qui permettrait de déceler du bâtit ».
L’ACCCM et ses autres projets
Gabriel Teulières a présenté à l’assemblée présente l’existence du site. Construit de manière très intuitive, il permet d’accéder à beaucoup de données. Prochainement il va continuer de prendre de l’ampleur. Pour tous ceux qui veulent découvrir les richesses du canton ainsi que la liste de tous les articles écrits dans les bulletins : https://acccm.jimdofree.com/bulletins/
Pour clôturer l’assemblée générale, il a été diffusé un film de 12 minutes avec une micro-interview d’un sonneur de cloches, présentant également les 24 églises du canton vues du ciel. Ce projet collaboratif a été mis en œuvre grâce au partenariat de deux associations Musicarpège et l’ACCCM qui ont financé l’intégralité du projet (prise de vues, montage, et les animations annexes).
Commencé en 2018, il a fédéré bon nombre de participants comme le club photo Quercy Images, des artistes (conteur, comédien, musicien…). Cette dynamique a permis lors de l’événement national « La nuit des églises » de faire des expositions et différentes animations afin de sensibiliser, d’informer, d’une manière moins conventionnelle, les habitants du territoire du haut pouvoir patrimonial du Quercy-Blanc. Le projet vidéo va continuer de se développer, mais l’ACCCM fera la communication en temps et en heure.
Marie-Françoise PLAGÈS