Cahors. L’écrivain Jean-Louis Marteil se confie

La vie quercynoise n°3859 du jeudi 31 octobre 2019
Lot. Ecrivain, directeur littéraire, Jean Louis Marteil a depuis 2006 crée Les Editions de La Louve spécialisées dans les romans et livres historiques.

MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

Lécrivain, Jean-Louis Marteil arbore toujours une mine souriante, rehaussé de traits dhumour, aimant les bons mots et vouant une passion débordante pour lhistoire. Alors forcément, lécriture a été pour lui une évidence, il est tombé dedans quand il était petit.

Daussi loin que remontent ses souvenirs, lécriture cest une histoire qui dure depuis longtemps. Il se rappelle « à 9-11 ans, j’écrivais des petites histoires sous forme de livrets reliés. Je m’en souviens d’un intitulé « Le fantôme du Moulin Rouge. C’est rigolo mais dernièrement je l’ai retrouvé dans des cartons. J’avais peut-être déjà le goût de l’objet et des livres. Puis il y a eu un passage sans rien et je me suis mis à réécrire vers l’âge de 16-17 ans, des poésies sur la mort. C’était une période que je trouvais sombre ». Son parcours est assez atypique, passant « furtivement » par la sécurité sociale, avant d’exercer le métier de photographe de longues années, il se tournera finalement vers lécriture. Cest tout naturellement que Jean-Louis Marteil a laissé la photo pour se consacrer à la direction littéraire. En 2006, il crée « La Louve éditions ». Lédition ne publie que des livres d’histoires. Au fil des années, les collections se diversifient, comptant aujourdhui un total denviron 55 références : terre de mémoire, littérature et textes, biographies, les indispensables, les romans, les polars historiques…

Jean-Louis Marteil © M-F Plagès.

Les romans historiques, cest un domaine quaffectionne Jean-Louis Marteil. Deux périodes bien distinctes le passionnent : lhistoire médiévale du Xe au XIIIe siècle et la période de la seconde guerre mondiale. Alors pourquoi ce goût pour lhistoire ? « Quand on a des professeurs passionnants pour enseigner l’histoire, il n’y a rien de tel pour la faire apprécier » confie Jean-Louis Marteil. Il rajoute « il y a deux professeurs à qui je voue une reconnaissance éternelle : M. Laborie et M. Baux. Et je me suis intéressé aux Cathares grâce à un prof de philo. En terminale il nous a amenés sur le site de Montségur, pour moi ça a été une révélation ». Quand Jean-Louis Marteil écrit un roman historique, il met un point dhonneur à lenvironnement de lépoque, le parler, les expressions, les coutumes. Les fautes danachronismes sont pour lui inconcevables. Aussi, il se documente beaucoup, lit des manuscrits universitaires, consulte des travaux détudiants, se renseigne auprès dhistoriens spécialisés. Aujourdhui il a un réseau sur lequel il peut compter pour avoir des précisions.

La consécration

Dans les années 90, sa pièce de théâtre « Et Dieu reconnaîtra les siens » remporte un franc succès. Elle sera jouée plus de 35 fois en extérieur dans le Lot et des sites remarquables. Elle est diffusée sur France Culture en novembre 1992 « presqu’en même temps que mon anniversaire » s’amuse-t-il à souligner. Lors d’une soirée de représentation un éditeur se trouve dans le public. Il rencontre Jean-Louis Marteil et lui fait part de son souhait d’en faire un roman. « D’habitude c’est l’inverse, on vous demande à partir d’un roman d’en tirer une pièce de théâtre. La reconnaissance par des professionnels m’a convaincu de continuer dans l’écriture. Ça a été l’élément déclencheur pour que je me lance plus en avant. Ce sont les éditions Loubatières qui vont mettre le pied à l’étrier pour l’écriture. Et quelques années plus tard, en 2006, La Louve édition est née ».

Les romans noirs

Après les romans historiques, Jean-Louis Marteil goûte au plaisir de liberté de tons quaccordent les romans noirs. En 2001, il se tourne donc vers le polar historique. Il crée le personnage de Braïda qui enquête sur des crimes. Toutes les intrigues se jouent à Cahors. Une fierté de plus pour ce Cadurcien qui aime décrire tout le contexte historique de l’époque moyenâgeuse tout en inventant des enquêtes et des personnages, pour le coup, totalement fictifs. Il confie : « le polar permet de créer un suspens, on est totalement livre de créer son monde. Avec Braïda qui revient dans chaque livre, je la fais évoluer au milieu du vieux Cahors, avec une famille, un environnement. À la fin, je finis par croire qu’elle a vraiment existé. Et surtout je m’amuse beaucoup. Je traite ces romans avec beaucoup de notes humoristiques ». Pour cette série de polars, afin dêtre au plus proche de la vérité historique, il travaille daprès une carte datant du XVe siècle.

Les projets

D’autres livres sont en cours et il est en train de réfléchir sur une adaptation en BD de « La relique » (prix du jury de l’académie du Languedoc).

Jean-Louis Marteil s’amuse beaucoup, tout en restant sérieux, il aime ce qu’il fait et son écriture s’en ressent. Les épopées historiques prennent une tout autre dimension, sous sa plume, pour le bonheur du lecteur qui s’amuse autant que l’auteur tout en ayant une sensibilité « à fleur de mots ».

MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

Contact : contact@lalouve-editions.fr ou www.lalouve-editions.fr.

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