Castelnau-Montratier. Christian Baffaly est un des derniers mineurs de Salsigne

Le vie quercynoise n°3852 du jeudi 12 septembre 2019
MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

Une petite vitrine, autrefois, dans la grand-rue de Castelnau-Montratier dans le Lot, attirait de nombreux regards. Christian Baffaly, grand amateur de minéraux, faisait visiter, à qui voulait se laisser émerveiller, son exposition de pierres et minéraux du monde entier.

Il faut dire que cet ancien mineur, qui a exercé son métier pendant plus de 30 ans, connaît pratiquement tous les gemmes. Sa passion pour transmettre ce qu’il a appris est sans fin. En plus, il est incollable sur chaque spécificité d’une pierre ainsi que ses vertus.

Christian Baffaly passionné par les pierres, minerais et fossiles © M-F Plagès.

Aujourd’hui la vitrine n’est plus là mais son amour pour les minéraux et les fossiles est toujours présent. Aussi, dans une petite cave qu’il a aménagée, grâce à un don d’un squelette, il a pu reconstituer un ptérodactyle (reptile du Jurassique) vivant il y a 150 millions d’années. Ce squelette trône en maître des lieux dès qu’on pousse la porte. Aujourd’hui, il est une attraction, la curiosité pour des classes et des jeunes qui se pressent pour venir le voir. Et oui, Christian Baffaly, allie trois passions celle des pierres, l’histoire des premières heures de la terre et le rugby.

La mine de Salsigne

Christian est des derniers mineurs de Salsigne, mine d’or dans l’Aude. Les souvenirs, les histoires, les anecdotes sont nombreux. Rien ne le prédestinait à une carrière dans les mines, et encore bien moins à s’intéresser aux pierres, minerais et fossiles.

Le croirez-vous, mais Christian Baffaly parle aux pierres ou bien plutôt l’inverse. Quand il se promène, qu’il descend dans les entrailles de la terre, il trouve toujours un caillou qui recèle une particularité.

« Je suis incapable de trouver un champignon mais s’il y a des minéraux, je les trouve même dans un vulgaire tas de cailloux »

s’amuse-t-il à raconter. Il poursuit :

« j’ai débuté ma carrière dans la mine de fer à Baterre dans les Pyrénées-Orientales pour ensuite aller à Salsigne dans l’Aude pendant 29 ans. Le premier jour où je suis rentrée dans les mines de Barterre, j’étais venu pour travailler dans les bureaux. Mais une personne suite à un accident ne pouvait réintégrer la mine, du coup c’est moi qui suis descendu au fond de la mine. C’est comme ça que j’ai commencé ma carrière de mineur. D’ailleurs en me baladant, le premier jour dans la mine, j’ai trouvé un énorme caillou extraordinaire. Quand je l’ai montré à mes chefs, ils m’ont dit « mais t’es un professionnel ». Je venais de trouver une pyrite avec 8 côtés. J’ai un don pour trouver des minéraux. Je rentrais dans un chantier où depuis 6 mois les gars ne trouvaient rien, j’arrivais et au bout d’une heure je trouvais des cailloux ».

Pour chaque pierre qui a croisé son chemin, il a une histoire tout aussi incroyable que ses découvertes. Mais une lui vaudra les honneurs de l’école des mines et une belle reconnaissance : l’Yvonite, un minerai très rare dont il est le découvreur.

Conférences, expositions…

Avec son cousin D. Descouens, rédacteur, dans des revues spécialisées, Christian Baffaly fait part de toutes ses connaissances. Il explique la démarche : « dès que je trouvais une pierre, elle était nettoyée puis photographiée. Ensuite on rédigeait l’article pour le transmettre aux journaux spécialisés. Les premiers gypses à Salsignes c’est moi qui les ai trouvés ». Un grand nombre d’articles sont parus sur « les espèces minérales remarquables », « les minéraux de Salsigne », « les mines de Valzergues ». Sa passion est telle qu’il organise aussi des bourses aux minéraux, des conférences… de Capendu (Aude) à Castelnau-Montratier, mais également dans de nombreux départements de l’Occitanie. « Et de Trèbes à Montaigu-de-Quercy je faisais des expositions et des exposés sur la paléontologie. Quand on s’intéresse aux minéraux, on est obligé d’être curieux de l’histoire » précise Christian Baffaly.

Pour des œuvres caritatives

Tout ce qu’il a entrepris n’a jamais été pour un enrichissement personnel, mais toujours dans le souci d’aider des clubs sportifs, des actions caritatives, pour aider des écoles, ou simplement partager ses connaissances… Il se souvient : « en 1983, j’ai fait ma 1re expo de minéraux. Pour être sûr d’avoir du monde, je faisais venir toutes les écoles sur un rayon de 25 km. Ce sont plus de 1 000 élèves qui sont venus gratuitement admirer les minéraux. Tout ce que j’ai fait c’était pour soutenir les clubs ». Sa seule richesse, est d’avoir pu mener une vie pleine de belles rencontres, de s’émerveiller devant des minerais, de mener sa passion jusqu’au bout. Sa vie résumée est « un émerveillement. Ma passion n’existe que dès l’instant où je trouve des minéraux ».

MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

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