Cahors. Deux Lotois sur le podium du 4e Handifly en parachutisme

La vie quercynoise n°3850 du jeudi 5 septembre 2019
Deux licenciés du Centre École de Parachutisme de Cahors dans le Lot, ont remporté des médailles : le vidéoman Jan-Rémy Camous, médaillé d’or, et Hayri Simsek, le bronze.
MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

Deux licenciés du Centre École de Parachutisme de Cahors (voir le site), dans le Lot, ont remporté deux médailles : le vidéoman Jan-Rémy Camous, médaillé d’or avec ses coéquipiers, ainsi qu’Hayri Simsek et son porteur Philippe Matonnier, qui ont remporté la médaille de bronze.

Lors du 4eHandyfly, compétition de parachutisme pour personnes en situation de handicap qui se déroulait au Portugal, dix nations étaient représentées. La délégation française était composée de 10 compétiteurs, 6 moniteurs et 4 vidéomen. Le public avait répondu présent pour assister à cet événement, une première pour le Portugal et sa fédération de parachutisme, la Federação Portuguesa de Paraquedismo.

Hayri Simsek et Philippe Matonnier (©F. F. P)

Initiatrice de ce challenge Handifly, projet porté par la Fédération Française de Parachutisme depuis 10 ans, David Roth, son président, a tenu à souligner « la fierté de la Fédération Française de Parachutisme de voir les autres fédérations parachutistes internationales s’approprier cette compétition, mais, aussi, soutenir et amener nos sportifs français à performer au plus haut niveau. Ces deux médailles pour cette édition 2019 sont un formidable encouragement pour les équipes fédérales, très mobilisées, et une incitation à la pratique pour tous ceux qui n’ont pas encore osé cette fabuleuse expérience ».

Vidéoman

Jan-Rémy Camous a décroché une médaille d’or avec ses coéquipiers. Mais en quoi consiste son rôle ? La présence du vidéoman lors de ces compétitions est essentielle. Il est en fait l’œil des juges, son cadrage doit être parfait, les images qu’ils ramènent sont ensuite analysées par les juges qui notent alors la performance du compétiteur.

Rencontre avec Philippe Matonnier

C’est la deuxième année consécutive que Philippe Matonnier remporte une médaille de bronze aux côtés d’Hayri Simsek. Il revient sur les débuts d’une compétition qui se fait aujourd’hui un nom au niveau international, et qui pourrait prendre une ampleur mondiale. Du moins, un souhait pour tous ces bénévoles qui s’engagent auprès de ces compétiteurs hors pair. Philippe Matonnier raconte : « la France est le premier pays à avoir inclus une catégorie handisport dans le parachutisme. À partir de là a été mis en place une qualification pour former des moniteurs tandem handifly dont je fais partie ainsi que ma femme Lilou (Lidia del Ben). D’ailleurs, elle est la seule femme en Europe à avoir une qualification moniteur tandem Handifly. Puis on a réfléchi pour uniformiser les équipements afin qu’il y ait du matériel commun à tout le monde et mettre en place une pédagogie ». Le 1er challenge européen s’est déroulé en 2016 à Lille, celui-ci est reconduit en 2017 en Biélorussie, puis en 2018 en Russie et cette année au Portugal. L’engouement est tel, au fil des années, que le challenge européen est devenu international.

 
Hayri Simsek entouré de ses coéquipiers et de David Roth, président de la Fédération Française de Parachutisme.
Hayri Simsek entouré de ses coéquipiers et de David Roth, président de la Fédération Française de Parachutisme. (©FFP)

Leçon de vie

Philippe Matonnier, binôme de Hayri Simsek, se confie sur son engagement.

« J’ai toujours été sensible pour donner l’accès au sport à des personnes en situation de handicap. En tant que moniteur, nous avons mis en place une pédagogie, une technique pour leur permettre de vivre cette aventure qu’ils ne pensaient pas possible. Quand on se rend compte de ce qu’on peut leur apporter, c’est beaucoup de plaisir et de joie. Quand ils sont dans les airs, ils oublient leur handicap, leur appréhension. Ils dédramatisent leur handicap, ils ont de l’humour. Le partage avec eux, c’est une vraie leçon de vie. »

La technique a beaucoup évolué depuis pour permettre aux personnes en situation de handicap de vivre pleinement leur aventure.

« Avec Lilou, nous avons un attachement de cœur au Centre école de parachutisme (CEP) de Cahors, c’est une famille. On l’a vu se monter, se construire. Et quand je suis arrivé avec le projet Handifly, Gilles Esgrim (président) a de suite répondu présent. La problématique dans cette discipline, c’est le coût du matériel. Nous travaillons bénévolement mais il y a les équipements, les entraînements, la préparation. On essaye de trouver des aides mais c’est assez complexe. Le CEP de Cahors nous a toujours soutenus pour des sauts d’entraînements ou aider à représenter une équipe pour les championnats de France » conclut Philippe Matonnier.

Le CEP de Cahors

Gilles Esgrim, président du centre école, mais aussi pilote, instructeur, parachutiste, se trouve à la tête d’une association qui prouve son dynamisme. Aux premières heures du parachutisme, l’association est créée dans les années 1965 avec ses passionnés du vol libre. Aujourd’hui, l’association est comme une petite entreprise. Elle compte 1600 adhérents, plusieurs bénévoles et fait travailler 8 personnes (prestataires, salariés, intervenants…). Comme le souligne Gilles Esgrim, « si la vocation au départ était du loisir, l’association s’est progressivement orientée vers de la formation d’élèves, de cadres dans l’armée ou les grandes écoles, la formation de pilotes. Avec cette politique de développement, le centre a grossi. Ainsi, nous avons pu commencer à acheter du matériel, des avions. Et maintenant, on est arrivés à être une école française de parachutisme labellisée trois étoiles. Nous formons des jeunes depuis des années avec des brevets diplômants qui leur permettent de travailler, il y a des échanges comme on a eu récemment avec l’Ofaj, des actions de comités d’entreprise ».

Le parachutisme une vraie aventure humaine teintée d’émotions fortes et de convivialité.

MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.