Lot. Benjamin Zimra créé l’événement avec son alambic mobile et écologique

La vie quercynoise n°3848 du jeudi 15 août 2019
À peine a-t-il reçu son alambic mobile (distillation de plantes), que Benjamin Zimra d’Escamps près de Cahors, partait sur les routes lotoises pour montrer son savoir-faire
MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

En 2019, après avoir acquis une belle notoriété, développé toute une gamme de produits allant de la cosmétique aux huiles essentielles, ce visionnaire se lançait dans un tout nouveau projet : élaborer un alambic mobile.

Pour qu’il puisse prendre forme, par le biais de la plateforme Miimosa, Benjamin Zimra lançait un financement participatif afin de récolter 8 000 €. Aujourd’hui grâce à cette mobilisation son projet s’est enfin réalisé.

Alambic innovant

Pour faire découvrir sa distillerie ambulante, Benjamin Zimra a invité quelques curieux, plus ou moins avisés, à venir comprendre les secrets de l’extraction d’huiles essentielles ou d’hydrolats.

Benjamin Zimra arpente les routes du Lot pour distiller diverses essences de plantes pour des événements ou particuliers©M-F-Plagès.

L’effervescence est palpable autour de l’alambic et de toute sa machinerie reposant sur une remorque de 5 mètres par 2. Et bien sûr la question première qui se pose est de savoir pourquoi avoir imaginé un alambic mobile. Car en ce qui concerne les distillations de plantes, ce n’est pas commun. Ce genre de configuration est plus développé pour la distillerie d’alcool.

Benjamin Zimra explique ce choix : « j’ai souhaité faire de cet alambic mobile une mini-usine innovante et écologique ». Avant d’en arriver là, il a fallu tout d’abord élaborer le projet, trouver quel fabricant pourrait faire du sur-mesure. C’est auprès de la société Les Alambics du Centre, qu’il trouve des personnes prêtes à relever ce défi. Car c’est bien un défi que d’essayer de changer la machinerie sans altérer le processus de distillation. Benjamin Zimra raconte : « le fabricant n’était pas spécialisé sur la distillation mobile. Mais il savait mettre des alambics sur une remorque. Il en avait fait deux, trois. À savoir un alambic dans cette configuration comme la chaudière qui fonctionne à l’huile végétale et la partie qui refroidit l’eau, il en avait jamais fait. Donc c’est moi qui aie proposé ces améliorations-là. Lui ensuite est ingénieur donc sa partie c’était de tout faire rentrer sur la remorque. En plus j’avais des prérogatives de matériel (une rampe d’accès, une cuve basculante d’1m3 pour vider les résidus…) et lui a tout assemblé pour que ça puisse tenir. C’est une mini-usine moderne et écologique ».

Écologique et moderne

Cet alambic à deux particularités. La première c’est qu’il fonctionne à l’huile végétale. La deuxième particularité concerne le circuit d’eau. « Une fois que la vapeur rentre dans le condenseur, qui permet à la vapeur de redevenir liquide, il faut une circulation d’eau qui va permettre à l’eau de se réchauffer et de se renouveler. Et là l’idée, c’est que j’ai intégré une machine qui refroidit cette eau. En fait, plutôt que de rentrer de l’eau froide et de ressortir de l’eau chaude on rentre de l’eau froide, on sort de l’eau chaude, on injecte de l’eau froide dans une machine qui grâce à des jeux de tuyaux et de ventilateur, extrait la chaleur et renvoie de l’eau rafraîchie dans le même circuit. Une sorte de circuit fermé. Pas d’utilisation de ressources fossiles pour la production de vapeur et pas de consommation abusive d’eau pour le refroidissement de la vapeur. Ce sont les deux particularités les plus écologiques de cet alambic » dit fièrement Benjamin Zimra.

Activités et projets

Depuis l’arrivée de l’alambic, les activités s’enchaînent à la Ferme de Vanadal. Déjà Benjamin Zimra est intervenu auprès de Estiv’Oc, du musée de Cuzals, pour des particuliers, des professionnels, des associations… En tout il a réalisé une vingtaine de distillations avec particulièrement les essences du terroir. Mais comme il a l’esprit aventureux, parfois, comme à Cuzals, il a tenté des mélanges : lavande, mélisse et cèdre de l’Atlas…

« Aujourd’hui avec ce nouvel alambic j’ai plus envie de m’étendre sur la distillation que sur la production de plantes car ce n’est pas simple de mener tout de front. J’ai fait le choix de prendre un matériel de pointe pour travailler de manière plus fine et qualitative et de chercher des producteurs qui ont envie de travailler dans cet esprit-là. J’espère pouvoir créer des événements pour valoriser ce savoir-faire ainsi que les plantes de notre terroir. En même temps je voudrais me spécialiser sur la distillation de certaines plantes comme le chanvre » précise Benjamin Zimra.

L’avenir de cette mini-usine des temps modernes dotée d’un savoir ancestral va continuer de suivre ses chemins multiples, pouvant rayonner bien au-delà des frontières du Lot.

MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

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